Mardi 5 février 2008
Julien Delval est un illustrateur de talent qui travaille souvent pour le monde du jeu (Battlelore, Citadelles, Mémoire 44, Colosseum, Les aventuriers du rail, ...). Il était intéressant de l'interviewer pour qu'il nous livre quelques uns des secrets de fabrication de nos jeux préférés.

TheNewLudo : Bonjour Julien. Tu es un personnage aux multiples facettes, car en plus de ton travail d'illustrateur, qui se décline sur des axes aussi différents que les couvertures de romans, les jeux de rôle et les jeux de plateaux, tu es (as été ?) également bassiste dans le groupe L'année du Rat. Peux tu nous en dire un peu plus sur tes nombreuses activités ?

Julien Delval : Bonjour Pascal, j'ai en effet été bassiste et j'ai écrit plusieurs chansons pour le groupe "l'année du rat" pendant 10 ans. Le groupe s'est maintenant arrêté.
Certains membres continuent de faire de la musique dont moi. Je fais aussi du hockey sur patin à roulettes et ce depuis 20 ans, mais j'ai un peu lâché la compétition.



undefinedTheNewLudo : Est-ce que ta vie de dessinateur a beaucoup évolué depuis l'époque où tu illustrais des fanzines très confidentiels comme NEXUS (A ce propos, Philippe M., un des joueurs de mon cercle d'ami, te souhaite le bonjour) ?

Julien Delval : J'ai en fait illustré peu de fanzines, j'ai eu la chance de travailler très vite pour Multisim et leur premier jeu : Néphilim. À l'époque j'étais encore étudiant, aujourd'hui je vis de mon travail, j'ai beaucoup de chance !


TheNewLudo : Tu interviens comme illustrateur sur des jeux de plateaux. En quoi cela diffère des autres types de commandes ?

Julien Delval : Un jeu de plateau contient beaucoup d'éléments : cartes, règles, plateau, pions, boite. Donc autant d'illustrations aux formats divers.
Par rapport aux couvertures, il y a aussi une grosse contrainte : la jouabilité, l'illustration ne doit pas prendre le pas sur le jeu mais bien lui apporter une atmosphère. C'est pour cela que je travaille très étroitement avec les graphistes.



TheNewLudo : Préfères tu une commande pour un roman ou pour un jeu ? Pourquoi ?

Julien Delval : Tout dépend du jeu et du roman. J'aime qu'on me laisse de la liberté.
Travailler sur un jeu est toujours intéressant car c'est un travail long aux multiples supports graphiques comme je l'ai déjà dit. Il me permet aussi d'aborder des thèmes très différents les uns des autres.



undefinedTheNewLudo :  Es tu toi même un joueur ? Si oui, quels sont les types de jeux que tu affectionnes ? Et ton TOP jeux ?

Julien Delval : Je ne suis pas un grand joueur, mais de temps en temps j'apprécie de me retrouver autour d'une table avec des joueurs pour tester ou partager ce moment convivial. J'ai bien aimé Citadelles, Bang, Tikal, nicht die bohne, et récemment un proto de Bruno Faidutti dont l'action se déroule dans un sous-marin. Mais je suis sûr qu'il y a des tas d'autres jeux que j'apprécierai.


TheNewLudo : Sur certains des jeux que tu illustres, et en particulier BattleLore, tes interventions s'inscrivent dans la durée, avec la sortie d'extensions : est-ce un mode de travail que tu affectionnes, ou préfères tu changer de cadre, et donc de jeu ?

Julien Delval : Battlelore n'est pas celui pour lequel je travaille le plus, j'y réalise seulement le design des figurines. Ticket to ride et Mémoire 44 sont les deux jeux qui me procurent le plus de travail. Pour un illustrateur, c'est très rassurant de savoir qu'il aura du travail dans le futur. Je suis donc un spécialiste du train et du char d'assaut, ce qui met en joie le petit garçon qui reste en moi :-) !! Mais c'est vrai que c'est toujours excitant de commencer un nouveau jeu dans un nouvel univers.


TheNewLudo : De quelle latitude disposes-tu sur les illustrations ?

Julien Delval : Tant que je respecte la jouabilité du jeu je suis relativement libre, mais bien sûr, un jeu reste un produit de consommation avec ses impératifs commerciaux, l'éditeur a donc le dernier mot.


TheNewLudo : Quel est le degré de proximité que tu développes avec le créateur du jeu pour entrer dans son univers ? Vas-tu jusqu'à tester le jeu pour t'en imprégner ?

Julien Delval : En général je ne rencontre pas l'auteur, c'est l'éditeur, qui me parle du jeu et me le fait tester rapidement puis on discute.
Il m'est arrivé aussi de travailler sur un jeu sans savoir du tout quel est son but, ce sont souvent des jeux de cartes pour lesquels j'ai juste des sujets d'illustrations.



undefinedTheNewLudo : Combien de temps en moyenne est nécessaire pour réaliser la totalité du graphisme d'un jeu. J'imagine que cela doit grandement varier en fonction du matériel du jeu, mais peux tu prendre des exemples ?

Julien Delval : Il faut à peu près une semaine pour une couverture, un ou deux jours pour une carte, parfois quinze jours pour un plateau complexe.
J'ai aussi réalisé les maquettes 3D pour les éléments volumes de Cléopâtre, le but étant de trouver le moyen de faire rentrer tous ça dans une boîte. Cela a pris plus d'un mois. Et je ne tiens pas compte des recherches préliminaires (documentations, jouabilité).



TheNewLudo : Avec plus de 30 jeux illustrés à ton actif, tu es un des illustrateurs Français les plus productifs : comment expliques-tu ce succès ?

Julien Delval : 30 ! Tu es sûr ? Je ne sais pas, j'ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Et peut-être que mon style convient à un large public et s'adapte à tout style d'univers.


TheNewLudo : Parlons (un peu) technique : comment procèdes tu pour les illustrations ? La bonne vieille méthode classique avec feuille et pinceaux, une mixte papier/ordinateur, ou uniquement l'ordinateur ?

Julien Delval : Je travaille en traditionnel, à la gouache sur papier. J'utilise quand même beaucoup l'ordinateur pour le placement des crayonnés, les recadrages.
Mais je pense bientôt essayer la tablette graphique, pour ne pas mourir idiot.



TheNewLudo : De quel jeu es tu le plus fier, en tant qu'illustrateur ?

Julien Delval : La crique des pirates. Mais je suis fier de certains éléments d'autres jeux. Ce serait trop long de tous les citer.


TheNewLudo : Pour finir, je peux te le dire maintenant, je suis extrêmement jaloux de toi, car tu es un excellent illustrateur, et j'aurai adoré exercer ton métier, et en plus, tu interviens dans le domaine des jeux, une de mes grandes passions. Que peux-tu dire pour te faire pardonner de cet affront à mon encontre ?

Julien Delval : À part te dire que j'ai pris plaisir à répondre à tes questions, je ne vois pas.


TheNewLudo : Merci Julien pour tes réponses, mais également pour les dessins inédits qui illustrent cet interview, et continue à nous faire rêver.

Julien Delval : Merci, à toi, et continue à jouer (sans te ruiner) !
par Pascal publié dans : Interviews
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Mardi 8 janvier 2008
François Haffner est un personnage important dans le monde ludique Français, car il cumule les rôles de collectionneur de jeux, de webmestre du très connu et apprécié site JeuxSoc, et de créateur de jeux (Maka Bana et Dalapapa). TheNewLudo vous livre ici cette interview exclusive.

TheNewLudo :
Bonjour François, bonne année et meilleurs vœux pour cette année ludique 2008. Peux-tu te présenter succinctement pour nos lecteurs ?


François Haffner : Meilleurs jeux à toi et à tous tes lecteurs. Je m'appelle effectivement sur mon site comme dans la vie réelle. Je vis depuis maintenant plus de 25 ans avec ma compagne qui m'a donné 3 belles filles. La dernière venant d'avoir 18 ans, la maison a tendance à se vider un peu. J'ai travaillé longtemps dans l'informatique et je travaille actuellement dans la communication au sein de la même société depuis près de 20 ans. Je travaille à temps partiel ce qui me laisse du temps pour ma passion des jeux de société.


TheNewLudo : Au fait, joyeux anniversaire : ça fait quoi d'avoir 51 ans ?

François Haffner :
Effectivement, je viens de fêter mes 51 ans et j'attaque donc ma cinquante-deuxième année ! 51 ans, ce n'est pas être un vieillard, du moins en Europe occidentale. J'ai encore plein d'envies à réaliser et malheureusement trop peu de temps dans la semaine et devant moi.


TheNewLudo : Si j'interroge le collectionneur de jeux, où en es tu actuellement ? Combien de jeux possèdes-tu, et continues-tu à éprouver autant de plaisir à les collectionner, au fil des année ?


François Haffner : Ma collection n'est pas du tout raisonnée. Si je la compare à celle de Michel Boutin, très spécialisée dans les jeux de pions, ou à l'extraordinaire collection de Pierre et Bilou, exclusivement constituée de jeux en français, elle ressemble plus à un amas qu'à une collection. J'ai eu un jour un instant de lucidité pendant lequel j'ai donné à mon association plus d'une centaine de jeux qui ne me semblait pas indispensables. Puis j'ai déménagé dans une grande maison et ma collectionnite a repris de plus belle.


TheNewLudo : Te considères-tu plus comme un collectionneur ou comme un joueur ?

François Haffner :
Pour établir un classement ? Je suis clairement un collectionneur qui regrette que n'existe pas en France un Conservatoire National pour les jeux comme existe la Bibliothèque nationale pour les écrits. Ce rôle est actuellement rempli par quelques collectionneurs privés qui essayent de sauver les jeux de l'oubli, sans pensée lucrative et en se ruinant la plupart du temps. Les jeux, même anciens, n'ont pas de valeur marchande. D'ailleurs le prix le plus élevé que puisse atteindre un jeu de société très recherché ne permettrait même pas d'acheter le tableau d'un obscur peintre du XIXème.

Ce que je recherche dans un jeu, c'est l'originalité de la règle avant tout. Mes plus grands plaisirs sont de découvrir de nouveaux mécanismes soit dans des jeux récents soit dans des jeux oubliés. S'il manque un ou deux pions dans une boîte, si les petites voitures en plomb d'origine ont été remplacées par des voiturettes en plastique, cela m'importe peu tant qu'on peut y jouer avec plaisir. Car je suis indéniablement joueur et ma collection est avant tout celle d'un joueur.


TheNewLudo : Si j'interroge le webmestre de JeuxSoc, tu dois avoir un des sites ludiques les plus visités, avec un nombre de fiches de jeux très conséquent. Les nombreuses mises à jour se font-elles encore par plaisir, ou te sens-tu une responsabilité face aux nombreux visiteurs de ton site ?

 François Haffner : Le plaisir et le sens de ma responsabilité se mêlent. Depuis un an ou deux, je demande aux éditeurs de ne plus m'envoyer les jeux dont je sais que j'aurais du mal à y jouer. Il y a encore peu de temps je me faisais violence pour faire des mises à jour régulières. Aujourd'hui, je prends la chose avec beaucoup plus de sérénité (mon grand âge probablement). Je ne me sens aucune responsabilité vis à vis des lecteurs de mon site, hormis l'honnêteté. Mon site est libre de toute publicité, gratuit et indépendant des marques, des éditeurs et des magasins. La seule responsabilité que je m'impose est vis-à-vis des tous petits éditeurs qui m'ont fait parvenir un jeu dans lequel ils ont mis toutes leurs tripes. Je me sens le devoir, connaissant les difficultés qu'ils ont à se faire connaître, à parler le plus vite possible de leur jeu. Et parfois, le temps me manque.


TheNewLudo : Si j'interroge le créateur de jeu, peux-tu nous faire un premier bilan sur ta casquette de créateur ? Es-tu motivé pour créer de nouveaux jeux ? Si oui, quels sont tes projets ?

François Haffner : Je ne suis pas un créateur de jeux comme peuvent l'être Roberto Fraga, Dominique Ehrhard, Henri Sala ou Max Gerchambeau. J'aime à dire que je suis auteur de jeu un peu comme Marie-Antoinette était fermière ! De plus, mon parcours est atypique puisque j'ai créé deux jeux uniquement et qu'ils sont aujourd'hui tous deux chez un éditeur. Je n'ai pas la capacité imaginative des illustres auteurs que j'ai cités, capables de créer des jeux pour tous les âges et tous les publics. Il m'est arrivé deux fois une idée de jeu. Ces deux idées ont abouti à une édition. Il paraît qu'on dit « jamais deux sans trois ». Mais pour l'instant, je n'ai pas la moindre idée d'un troisième jeu.


TheNewLudo : Trouves-tu le temps de faire autre chose, avec tes trois casquettes de collectionneur/webmestre/créateur ?

François Haffner : Je travaille pour gagner ma vie, quand même ! Mais il est vrai que mes autres activités de loisir ont pâti de ma passion. Je ne bricole plus guère, sauf pour monter de nouvelles étagères :^)


TheNewLudo : Quels sont tes jeux préférés sortis en 2007 ?

François Haffner : La question piège ! Mais je ne m'en sortirai pas par une pirouette.

D'abord, je citerai quatre rééditions qui m'ont enchanté :
    -
Tayü auquel je joue pratiquement tous les jours tant la nouvelle édition est agréable
    - Mathable qui connaît de nombreux adeptes dans mon club et dans ma famille
    - Kiproko, réédition réussie de Wat n'dat
    - Can't Stop, chez Ravensburger Belgique, qui nous permet de retrouver un matériel digne de ce jeu increvable.

Ces quatre rééditions, si elles ne changent pas fondamentalement le jeu, se sont accompagnées d'améliorations notables en particulier au niveau du matériel.

Quelques nouveaux jeux aussi m'ont enthousiasmé cette année. Mais je n'en citerai qu'un qui est bien sûr Marrakech, le jeu qui réussit l'exploit d'enthousiasmer petits et grands joueurs.


TheNewLudo : Et tes jeux favoris, tous types et dates confondus ?

François Haffner : Ils sont dans la liste de mes coups de cœur, liste consultable sur tous les bons écrans !


TheNewLudo : Ton auteur de jeu favori ?

François Haffner : Je surveille toujours ce que font Uwe Rosenberg et Stefan Dorra, à mon avis les plus inventifs des auteurs actuels. Parmi les auteurs récents, je citerai volontiers Sébastien Pauchon qui ne nous déçoit jamais.


TheNewLudo : A ce propos, il est inadmissible que dans la liste de tes 50 coups de cœur ne figure pas Maka Bana ! Tu n'aimes pas tes propres jeux ? ;-)

François Haffner :
C'est vrai que c'est inadmissible ! Mais Maka Bana et Dalapapa ont mieux qu'un coup de cœur, ils ont un smiley. La création de jeux étant pour moi un loisir et non un métier, il serait malheureux que je n'aime pas mes jeux. Si en plus ils plaisent aux éditeurs et au public, je suis comblé.


TheNewLudo : Tu sembles avoir des goûts très éclectiques, à la lecture des jeux présentés sur tes sites, mais vers quels types/mécanismes de jeux vont tes préférences ?

François Haffner : Je vais t'étonner. Ma préférence va aux bons jeux ! Mais j'avoue une préférence vers les jeux aux règles très simples mais complexes. Au sommet de mon panthéon se trouve certainement le Go mais j'en suis hélas un piètre praticien. Je préfère lâchement jouer aux jeux où j'ai une chance raisonnable de gagner. Car j'aime gagner ou savoir pourquoi un autre a gagné. Pour le reste, il suffit de consulter mes listes pour voir que mes mécanismes préférés sont les jeux de connexion et les jeux d'enfoirés.


TheNewLudo : Concernant la création ludique actuelle, Bruno Faidutti me confiait récemment lors d'une interview qu'il ne pensait pas qu'il soit bon pour les joueurs, et surtout pour les éditeurs, que des jeux aussi nombreux soient publiés : qu'en penses-tu ?

François Haffner : Comme disait un auteur : « Il y a trop de jeux ! Il faudrait que les autres arrêtent d'en faire… ». Le problème aujourd'hui n'est pas de l'édition mais de la distribution. Que le choix de jeux soit important ne pose pas de problème. Mais que l'immense majorité de ces jeux n'arrivent jamais sur les étals de nos magasins, voilà qui pose problème.

Malgré la multiplication des sites de vente par correspondance, les catalogues en ligne sont affligeants : on y trouve inlassablement les 40 mêmes jeux issus des gammes de 3 ou 4 distributeurs alors qu'elles pourraient proposer un catalogue bien plus large, en distribuant de plus petits éditeurs quitte à annoncer des délais de livraison un peu plus importants.

Quand aux boutiques de ville, elles ont de plus en plus l'impression de servir de vitrine ou de site de démonstration gratuite à des visiteurs qui se font expliquer les jeux pour ensuite les acheter 3 euros moins chers sur un site internet. Les rayons des jeux de société vont aller en s'amenuisant et c'est dommage pour les joueurs et les futurs joueurs.

Je n'envisage pas un monde où les boutiques ne seraient plus que virtuelles, où le plaisir de fouiller dans les étagères pour trouver la perle rare serait remplacé par une requête sur Google.

 

Mon rêve serait que les jeux de société soient enfin reconnus comme objets culturels, qu'ils aient le droit d'être présentés à la télévision au même titre qu'un livre, un film ou un CD, alors qu'actuellement ils ne peuvent même pas y être cités sans que la chaîne ne se fasse rappeler à l'ordre pour publicité clandestine.

Mon rêve serait que les jeux, objets culturels, bénéficient en France d'un régime analogue à la loi Lang. Celle-ci a beaucoup fait pour conserver aux livres un réseau de librairies que beaucoup de pays nous envient, comme la Grande Bretagne qui a laissé la seule logique libérale régler la distribution des livres et qui a ainsi vu disparaître bon nombre de libraires indépendants.

Mon rêve serait que les boutiques cessent de se battre sur les prix pour se battre sur la richesse de leur offre et la qualité de leur service et de leur conseil.


TheNewLudo : Pour finir, peux-tu me confier ton plus beau souvenir de joueur/collectionneur/créateur/webmestre ?

François Haffner : Mon plus beau souvenir de joueur : les interminables parties de Civilisation de mes 20 ans.

Mon plus beau souvenir de collectionneur : ma rencontre avec Alex Randolph à Essen en 2003.

Mon plus beau souvenir de créateur : les boîtes de mes jeux que je sais être actuellement en Tasmanie, au Vietnam ou au Cap : je voyage un peu avec elles.

Mon plus beau souvenir de webmestre : la belle carte en remerciement d'une règle retrouvée, dessinée par les enfants et envoyée de Jérusalem.

TheNewLudo : Merci à toi, François, continue à créer des jeux, et  longue vie à ton site !

par Pascal publié dans : Interviews
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Vendredi 4 janvier 2008
faidutti2.jpgBruno Faidutti sévit dans le milieu du jeu depuis de nombreuses années. Personnage incontournable, TheNewLudo se devait de l'interviewer.

TheNewLudo : Bonjour M. Faidutti et bonne année 2008 : vous êtes certainement le créateur de jeu Français le plus connu, mais vous êtes également un grand spécialiste des licornes. Il parait qu'entre vous et les licornes, c'est une histoire terminée ? Vous confirmez ?

Bruno Faidutti : Pas le temps, mais si je l'avais, je continuerai avec plaisir, tant la fréquentation des vieux manuscrits est un plaisir.


TheNewLudo : Continuez-vous à pratiquer les jeux de rôles grandeur nature (GN) ? Qu'est-ce que cela vous procure ?

Bruno Faidutti : Même réponse. Pas le temps, car le GN étant sans doute la forme la plus aboutie du jeu de société, c'est aussi celle qui bouffe le plus le joueur.


TheNewLudo : Combien de jeux compte votre ludothèque ?


Bruno Faidutti : 4000 environ, mais j'enregistre dans un catalogue les jeux qui rentrent - pour savoir que je les ai vus - pas ceux qui sortent, généralement cannibalisés en prototypes.


TheNewLudo : Qu'est ce que cela vous inspire qu'en 2006, le critique de jeu américain Shannon Applecline constate que vous êtes en quelque sorte au centre du monde collaboratif du jeu de société contemporain ? ( http://boredgamegeeks.blogspot.com/2006/02/six-degrees-of-collaboration.html )

Bruno Faidutti : Ça m'a beaucoup amusé, et je pense que ce n'est pas entièrement faux, la raison principale étant que j'aime beaucoup travailler en collaboration.


TheNewLudo : Il n'y a pas beaucoup de « gros » jeux dans vos créations : pour quelles raisons ?

Bruno Faidutti : Je trouve qu'il y en a pas mal - les Mammouths, Mystère à l'Abbaye, Warrior Knights, Mission Planète Rouge.... Mais il est vrai que les petits jeux sont plus amusants à concevoir - même si ce n'est pas toujours plus facile.


TheNewLudo : Quels sont vos jeux préférés, dans vos créations ?

Bruno Faidutti : je me pose la question régulièrement, et je ne sais pas trop. Là, maintenant, j'aurai envie de répondre Toc Toc Toc, Diamant, Aux Pierres du Dragon, Citadelles... mais demain je pourrai en citer d'autres.


TheNewLudo : Et vos jeux préférés chez vos confrères ?


Bruno Faidutti : Cosmic Encounter, meilleur jeu jamais conçu selon moi. J'aime aussi beaucoup Les Aventuriers du Rail, Coloretto, Ave Cesar, Boursicocotte, Camelot et bien d'autres, mais ils n'ont pas la même envergure.


TheNewLudo : Quel est le confrère avec lequel vous préférez travailler dans vos créations ludiques ?

Bruno Faidutti : Je ne donnerai pas de nom, les autres seraient jaloux.


TheNewLudo : Et celui avec lequel vous aimeriez faire un jeu en commun ?

Bruno Faidutti : Pareil !


TheNewLudo : Que pensez vous de la création ludique actuelle ?

Bruno Faidutti : La quantité et la qualité des jeux qui sortent aujourd'hui sont impressionnantes, en comparaison avec ce qui se faisait il y a une vingtaine d'années. Pour un auteur de jeu comme moi, il est parfois difficile de rester à la hauteur. Je ne pense pas qu'il soit bon pour les joueurs et, surtout, pour les éditeurs, que des jeux aussi nombreux soient publiés, mais en même temps, ils sont pour la plupart si bons que je ne vois pas pourquoi ils ne le seraient pas...


TheNewLudo : Quel jeu conseilleriez-vous à votre meilleur ami ?

Bruno Faidutti : Les Aventuriers du Rail


TheNewLudo : et pour finir, peut être une petite info : sur quel nouveau(x) jeu(x) travaillez-vous ?

Bruno Faidutti : Plein de trucs, avec des chèvres, des courtisans, des marins russes et des aliens.


TheNewLudo : Merci à vous, M. Faidutti, et faîtes nous encore des tonnes de jeux !
par Pascal publié dans : Interviews
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Dimanche 23 décembre 2007
Ludo le gars est un peu aux blogs de jeux de plateaux ce que Tric-Trac est aux sites de jeux de plateaux : INDISPENSABLE. Attardons nous un peu avec ce gros joueur aux goûts éclectiques

TheNewLudo : Bonjour Ludo, et tout d'abord, qui es tu ?

Ludo le gars : Ludovic Gimet, 35 ans, professeur des écoles et président d'une association de jeux de plateaux à Villefranche sur Saône dans le Rhône. Grand amateur de jeux, en tous genres, depuis ma plus tendre enfance.


TheNewLudo : Parlons de ton blog : depuis quand existe-t-il ? qu'est-ce qui t'a motivé pour créer ce blog ?

Ludo le gars : Mon blog... Mon site veux-tu plutôt dire ? En effet, je préfère parler de site plutôt que de blog car historiquement c'était un site web fait main, commencé courant janvier 2002, et qui a muté en blog en novembre 2005. Pourquoi l'ai-je créé ? Tout simplement pour garder une trace "littéraire" des parties de jeux jouées. En effet, sur des jeux comme Méditerranée par exemple, il y a comme une histoire qui se déroule au
fur et à mesure de la partie et c'est cette histoire que j'avais envie de conserver et de transmettre. En plus, rien n'existait de la sorte sur l'internet francophone et je pensais que cela pouvait intéresser du monde. Ensuite cela m'a permis de me confronter à d'autres joueurs (discussions, analyses, ...) et d'entrevoir une sorte de comparaison de scores et de stratégies de jeu déployées d'une partie à l'autre.
D'ailleurs, si je me réfère à mes comptes-rendus de parties d'Euphrat & Tigris, je crois pouvoir dire que le nombre important de scores mis en ligne offre quelques pistes d'analyse statistisques. Et si j'avais plus de temps, je consacrerais bien un p'tit moment à ça...


TheNewLudo :  Quelle est la fréquentation de ton site, et son évolution au fil des mois, années ?

Ludo le gars : Je suis actuellement à 400 / 450  visiteurs uniques par jour, chiffre qui était déjà là en 2005 avant que je mute en blog. Il m'a fallu 2 ans pour revenir à ce niveau. Auparavant, l'évolution avait été très régulière, des quelques visites de 2002 aux très nombreuses de 2004 et 2005.


TheNewLudo :  Selon toi, qu'est-ce qui fait que le jeu est en train d'exploser en  France depuis quelques années ?

Ludo le gars :
J'ai du mal à te répondre car je suis cela d'assez loin maintenant. Mon sentiment c'est qu'il y a de plus en plus de joueurs, oui, notamment qui surfent sur TricTrac, et qu'il y a de plus en plus de buzz autour des sorties. Auparavant, vers 2002 en fait, un jeu avait plus de temps pour lui, plus de temps pour vivre, alors qu'aujourd'hui l'un chasse l'autre. Je sais, je ne réponds pas à ta question, je constate et je commente.
Désolé ;-)


TheNewLudo :  Qu'est ce qui te motives à continuer à mettre à jour ton site au fil des années, la ou d'autres ont abandonnés ?

Ludo le gars : Toujours la même soif de relater les parties les unes après les autres. Certes aujourd'hui, ayant un peu moins de temps en semaine, je préfère m'assurer un vendredi soir réussi sur un jeu que je pense ou que je sais que je vais aimer. Mais parfois je me trompe. Et du coup, l'écriture du compte-rendu est moins intéressante et il m'arrive de la faire en traînant les pieds. Autre chose : c'est vrai que c'est usant de faire un
site, qui plus est de manière très régulière. Mais les commentaires font plaisir et poussent à continuer. En ce moment, d'ailleurs, j'ai un p'tit coup de mou : quasiment 0 commentaire sur chaque article, même pour des
jeux non critiqués en français comme Agricola. C'est vrai que c'est un peu dur et qu'on se demande si les lecteurs se rendent compte du boulot qui est derrière... Surtout quand vous constatez, via les stats, que 558
visiteurs ont lu l'article le jour même de sa publication...


TheNewLudo :  Tu es un très gros joueur, mais concrètement, combien possèdes-tu de jeux ?

Ludo le gars :
Gros moi ? Qui est gros ici ? Non, sincèrement, je ne me considère pas comme un gros joueur, mais comme un amateur de jeux assez denses. A la maison, pour parler quantité, je dois avoir un poil plus que 700 jeux et je tente régulièrement d'épurer tout ça car on ne peut ni jouer à tout ni tout garder...


TheNewLudo :  Es tu conscient qu'à travers ton blog, tu influences une partie des joueurs ?

Ludo le gars :
Oui, certainement. Et alors ? Je pense que les gens qui connaissent mon site connaissent aussi mes goûts et que si les leurs se rapprochent des miens, ils peuvent foncer. Bien sûr il y a des exceptions.


TheNewLudo :  Quel est ton type de jeu préféré ?

Ludo le gars :
Jeu à la Age of Steam (pour la vision à long terme, l'ambiance et l'interaction), à la Löwenherz (pour le nombre d'actions limitées, l'expansion territoriale et les négociations), à la Puerto Rico (pour la
richesse du thème et la logique interne très élégante). En revanche, je suis moins enthousiaste, même si j'aime bien quand même, sur les jeux d'optimisation à la Caylus ou Piliers de la Terre.


TheNewLudo :  Et tes jeux préférés 2007 ?

Ludo le gars :
Bientôt mes incontournables 2007 en ligne sur mon site. Patience, patience... Allez, je suis bon prince, mon gros jeu 2007 sera Brass.
Pour les assesseurs et les autres catégories, rendez-vous sur mon site dans quelques jours...


TheNewLudo :  Pour finir avec tes Top jeux, quels sont tes jeux préférés toutes catégories ?

Ludo le gars :
Age of Steam, Löwenherz, Puerto Rico, Euphrat & Tigris,Twixt et le Go. Alexandros et Funkenschlag ne sont pas loin. Quant à Carcassonne, il est pour moi le meilleur jeu de découverte.


TheNewLudo :  Allez, une petite dernière, quel est LE jeu que tu emmènes sur une île déserte (mais on suppose que tu pars avec tes potes pour ne pas être seul ...)

Ludo le gars :
Age of Steam avec toutes ses extensions... dont les cartes solo pour jouer tout seul au pire !


TheNewLudo :  Comment as tu fais pour convertir ta femme Julie aux jeux de plateaux (je cherche toujours la recette) ?

Ludo le gars :
Méditerrannée puis Carcassonne ont occupé de très nombreuses soirées. D'excellents souvenirs. Ensuite, elle ne joue pas tous les soirs, loin de là, et certainement de moins en moins. Sauf en vacances, au camping (voir des comptes-rendus)


TheNewLudo :  Quels sont les jeux préférés de Julie, Maitena et Tristan ?

Ludo le gars :
Julie : Euphrat & Tigris loin devant, suivi d'Alexandros et Puerto Rico. Et puis, mais pas avec moi, le Cluedo ou Scotland Yard :-)
Maitena (t'es bien renseigné toi sur les prénoms...) : l'awalé, Pyramidos et Akaba. La compagnie des taupes aussi.
Tristan : Elefun, Los Mampfos et le jeu de puces. Dernièrement il a beaucoup aimé le Trésor des dragons et Zygomar.
Pour la famille de 4, le jeu est Kleine Fische, un très bon petit jeu de cartes (prise de risque) jouable dès 4 ans et qui marche super bien.


TheNewLudo :  Pour terminer, tu es directeur d'école et instituteur dans un tout petit village : tu dois naturellement passer ton temps à convertir sournoisement tes élèves à ta passion : comment t'y prends-tu ? Tu donnes des cours d'Age Of Steam, entre les mathématiques et la géographie ?

Ludo le gars :
Pas cette année. J'ai bien fait de la création de jeu à l'école il y a 2 ans et il m'arrive d'organiser des séances de découverte mais pas encore en 2007/2008. L'année prochaine ?


TheNewLudo : Merci à toi Ludo, bonnes fêtes de Noël, et longue vie à ton site/blog !
par Pascal publié dans : Interviews
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Jeudi 20 décembre 2007
undefinedBruno Cathala fait partie des grands créateurs de jeux Français. Interview décalé avec un personnage ludique humoristique ...

TheNewLudo :
Bonjour Bruno. Puisque tu m'as demandé de faire original pour cette interview, pour te changer des interviews classiques liées à ton statut de people ludique, je te propose le petit jeu suivant. Mes questions vont naturellement porter sur les jeux (on s'en serait pas douté), mais pour faire original, je vais à la place utiliser des termes empruntés à des thèmes différents. Il te faudra "traduire" mes questions pour les comprendre, et à ton tour, tu devras y répondre en respectant le thème imposé de la question, et le lecteur "traduira" à son tour tes réponses ludiques.

Je vais prendre un exemple pour être sur de bien me faire comprendre :
Sur un thème cinéma, si je te demande quel est ton film préféré, il faut comprendre que je te demande ton jeu préféré. Tu me répondrais reservoir dogs par exemple, si tu aimes le jeu Cash&Guns ...(Trop facile pour moi !)

Prêt ?


Bruno Cathala : yes !!
on va bien s'amuser... hé hé
c'est partiiiiiiii !


Thème : Discussion sur un chat internet
TheNewLudo :  asv ?  (Age/Sexe/Ville pour les ignorants des technologies modernes)

Bruno Cathala : Alors, dans l'ordre:
- Loire Atlantique jusqu'en novembre 2008 où je passe Loiret (Note TheNewLudo : là, visiblement, il a encore du mal avec le concept ;-) )
- Oui, le plus souvent possible, mais bon, je ne suis pas georges clouney non plus, what else !!
- St Pierre en Faucigny (si si, ça existe)
 
Thème : Brice de Nice
TheNewLudo :  Pourquoi ce surnom de Bruno de Concarneau alors que tu habites à la montagne ?
 
Bruno Cathala : Parce que je suis Breton demi-sel et que ma maman est Lorientaise.
 
Thème : Cuisine
TheNewLudo :  Quels sont tes plats préférés ?

Bruno Cathala : Ceux qui sont faits par les autres !!!
En fait je n'aime faire à manger que lorsqu'il y a du monde à la maison, alors je me débrouille pour aller manger chez des ami(e)s le plus souvent possible.
D'ailleurs je lance un appel: j'accepte toutes les invitations !!!
 
 
Thème : Cinéma
TheNewLudo :  Préfères tu les blockbusters Américains à thème fort comme "Les aventuriers de l'Arche perdue", ou les films avec une mécanique bien huilée à l'Allemande, comme "Lili Marleen" de Fassbinder ?

Bruno Cathala : Excellente question !! Si j'ai un gros faible le cinéma d'auteur à la Française, avec un faible pour le tandem Bacri-Joui, je suis assez éclectique et peux m'enthousiasmer pour les deux écoles ci-dessus selon l'humeur et l'envie du moment.
Le tout est de ne pas en attendre la même chose, et il n'y a alors pas lieu d'être déçu

 
Thème : Kamasutra
TheNewLudo :  Pourquoi ne créés tu pratiquement que des positions pour 2 partenaires ? Tu sais qu'il est possible de faire ça à plus ?

Bruno Cathala : Je m'inscris en faux contre cette allégation !! En effet, si j'aime les plaisirs à deux, j'avoue sans honte pratiquer aussi les plaisirs solitaires et expérimente depuis quelques années le trio avec mes compères Veveysans-Pauchon-Braff.. avec aussi une contribution collective du côté de Stonehenge !!! J'aime TOUS les plaisirs, non mais !
 
 
Thème : Chanson Française
TheNewLudo :  J'ai l'impression que tu as l'angoisse de la page blanche si tu travailles seul : tu as par exemple co-écris "les colliers de la reine" avec Demis Roussos, "les chevaliers de la table ronde" avec Framboisier de la bande des musclés, "Mr Jack" avec Dave, .... Tu confirmes ton angoisse de l'artiste ?

Bruno Cathala : Pas du tout. La vérité est beaucoup moins reluisante. En réalité, je suis obligé aujourd'hui face à cette question de révéler ma véritable profession: Illusioniste.
Pendant 18 ans, j'ai exercé un métier qui ne s'apprend pas à l'école et auquel personne ne comprend rien: chercheur en métallurgie du Tungstène.
Il m'a suffit d'affirmer que je m'y connaissais pour rassurer ce petit monde et de prendre quelques mesures péremptoires et catégoriques pour confirmer mon statut d'expert... mais la supercherie a été mise à jour et j'ai été licencié.
Il a donc fallu changer d'illusion: par miracle j'ai réussi à faire croire à un éditeur que j'étais chansonnier. Depuis, pour rester crédible, je m'efforce d'approcher les grands noms de la chanson française décrits ci-dessus pour profiter d'un travail déjà fini (je n'ai jamais eu la moindre idée personnelle) pour apposer mon nom sur les boites !!
Mais par pitié, faut que ça reste entre nous, hein.....
Quoique... si jamais il fallait que je passe à une nouvelle grande illusion, je pourrai toujours tenter de faire croire que je suis le leader de la gauche française !
Semblerait que plus personne ne sache bien en quoi ça consiste, alors ça peut marcher... Y'a un mec qui a fait ça récemment à droite et en plus ça permet de sortir avec des Top Models... chut.... c'est quelqu'un qui m'a dit.....
;-)))


undefined Thème : Lingerie féminine
TheNewLudo :  Comment expliques tu l'explosion des ventes de lingerie féminine ces dernières années en France ? les Français en ont marre de la télé ?

Bruno Cathala : Je pense malheureusement avoir ma part de responsabilité dans cette affaire... cette photo en est la preuve
 

Thème : Livres
TheNewLudo :  De quoi parlera ton prochain roman ?

Bruno Cathala : Je travaille à plusieurs ouvrages... il sera peut être un jour question de:
- Grèce antique
- Japon médiéval
- Portes monstres trésors
- Far West
- abstraction
Mais je m'efforce de ne pas tout mettre dans le même roman !!

Thème : Jeux de plateaux et gros sous
TheNewLudo :  Pour finir, je trouve mon idée pour l'interview pas mal : on pourrait en faire un jeu selon toi ?

Bruno Cathala : Oui, bien sûr !! mais il faut d'abord que je trouve le chansonnier compétent en ce domaine et qui accepterait de mettre mon nom sur la boite.... Dave me semble tout indiqué !!!

TheNewLudo : Merci à toi, Bruno, et créé nous encore beaucoup de livres/chansons/films/plats/jeux avec Demis Roussos et toute la bande !
par Pascal publié dans : Interviews
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Lundi 17 décembre 2007
En l'espace de 3 ans, Cyril Demaegd s'est créé un nom dans le microcosme ludique Français. Grand fan des jeux d'Ystari en général, je n'ai pu m'empêcher de l'interviewer.

ystarigames.jpgTheNewLudo : Bonjour Cyril Demaegd, peux-tu te présenter ?

Cyril Demaegd : Bonjour. Je suis donc Cyril Demaegd, j'ai 36 ans et je dirige la maisons d'édition Ystari, qui publie entre autres Caylus, Yspahan et Amyitis...


TheNewLudo : Tu es donc concepteur de jeu, et éditeur en même temps. Ta société Ystari continue-t-elle ses activités informatiques, car la partie jeu doit être la plus importante maintenant ?

Cyril Demaegd : Oui, car il y a d'autres personnes dans Ystari qui s'occupent de cette branche. pour ma part, je me concentre désormais sur l'édition, car cela me prend tout mon temps...


TheNewLudo : Continues-tu à t'occuper de la boutique Fireball ?

Cyril Demaegd : Eh non, pour les raisons évoquées ci-dessus. Fireball aura été une belle aventure, et la plupart de nos jeux y ont été développés, mais je n'avais plus le temps de m'en occuper de concert avec l'édition de jeu. Le choix aura donc été vite fait...


TheNewLudo : Quels sont tes 3 jeux préférés ?

Cyril Demaegd : Je dirais Les Princes de Florence, Torrès et Puerto Rico. Ca fait tout de même deux Kramer ! Et encore j'aurais pu mettre El Grande !


TheNewLudo :
Pourquoi ce nom d'Ystari, mais surtout, pourquoi ces lettres YS dans chacune de tes créations ?

Cyril Demaegd : Globalement par hasard. On a pris Ystari parce que cela sonnait bien (et aussi pour un rapport avec le seigneur des anneaux). Par contre aucun rapport avec les lettres Y et S, c'est une pure coïncidence en fait !
Après Ys, on a choisi Caylus comme nom pour notre second jeu parce que cela sonnait bien. l'un des testeurs a simplement fait remarquer qu'il y avait un Y et un S et qu'il fallait donc perpétuer la tradition, et on essaye ! On verra bien combien de temps cela durera...


TheNewLudo : Ton frère, Arnaud, est peintre, mais également ton illustrateur : avec le succès d'Ystari, il va être obligé de se concentrer à temps plein sur les jeux, et ça ne va pas lui plaire, non ?

Cyril Demaegd : En fait c'est effectivement un problème puisque mon frère est également prof d'Anglais et travaille sur une BD. Donc il a moins le temps et je vais parfois faire appel à d'autres illustrateurs. D'ailleurs pour notre prochain jeu, c'est Anii (Jamaica) qui s'y colle.  Pas si mal non ?


TheNewLudo : Comment expliques tu le succès d'Ystari ? En effet, en trois ans, Ystari est devenue incontournable dans le paysage ludique, et si je ne m'abuse, tous vos jeux ont été des succès.

Cyril Demaegd : J'aimerai bien avoir la recette, mais je ne me l'explique pas vraiment ! Je suis toujours aussi angoissé à la sortie d'un nouveau jeu qu'au début et je crois que je ne serai jamais tranquille malgré ces succès...


TheNewLudo : D'une manière plus générale, avec ta vision de l'intérieur, constates-tu l'explosion de l'engouement pour les jeux de plateaux en France, et même à l'international ?

Cyril Demaegd : Il est clair que cela progresse en France. Quand je compare la situation actuelle à celle au moment où j'ai lancé Ys, je me dis que le paysage ludique Français a considérablement évolué. Pour l'Allemagne, c'est plus compliqué. Il est évident que le marché évolue également (et dans des proportions bien plus grandes), mais d'une manière plus inquiétante. L'Allemagne a toujours été la terre des jeux de plateau, mais disons qu'en ce moment, cela tourne vraiment à la société de consommation et cela m'inquiète un peu. Un produit chasse l'autre et les jeux commencent à ne plus être créés pour "durer". J'espère sincèrement que la France ne connaitra jamais ce genre de situation, mais je crains que ce ne soit inéluctable, car quand la grande distribution française aura saisi le potentiel de notre industrie, tout va s'accélérer...


TheNewLudo : Caylus demeure-t-il le plus gros hit d'Ystari ? On en est à combien d'exemplaires, maintenant ?

Cyril Demaegd : Oui, même si Yspahan a été pas mal retiré l'année dernière, suite au Spiel. Pour Caylus on navigue actuellement entre 50 et 60000...


TheNewLudo : Amyitis, ton dernier jeu, reçoit également d'excellentes critiques : les ventes suivent-elles ?

Cyril Demaegd : Je ne me plains pas ! Le jeu a semble-t-il démarré très fort et cela me fait d'autant plus plaisir qu'Amyitis était un projet assez ambitieux. Justement le genre de jeu qu'il faut prendre le temps de découvrir. Nous avons de la chance car notre public nous donne suffisament de crédit, et cela nous permet donc de lutter à notre petite échelle contre les tendances évoquées plus haut.


TheNewLudo : Comment fais tu pour avoir un tel flair ? Entre les jeux que tu produis, et les gammes Vintage et Ystari Plus, les critiques sont systématiquement très positives.

Cyril Demaegd : Aucune idée ! En fait je me contente de faire les jeux que j'aime jouer. Notre public de son côté, sait quel genre de jeu il achète quand il prend un Ystari. Donc l'équation fonctionne plutôt bien...


TheNewLudo : Peux tu nous en dire plus sur les prévisions d'extensions de Race for the Galaxy, un jeu que j'adore et que tu édites dans la gamme Ystari Plus ?

Cyril Demaegd : Deux extensions sont prévues et la première sortira vraisemblablement au printemps. elle premettra de jouer à 5 et rajoutera quelques cartes assez puissantes. En ce moment, je joue beaucoup avec les extensions et je vous garantis qu'elles sont toujours aussi bien faites !


TheNewLudo : Peux tu nous parler du prochain jeu à sortir, Metropolys ?

Cyril Demaegd : C'est un jeu de Sebastien Pauchon, et j'ai souhaité le signer dès que je l'ai testé il y a 2 ans. A l'époque nous étions en train de signer Yspahan et Sebastien l'avait ramené par hasard puisque le jeu était chez Hans im Glück. J'ai vraiment insisté pour l'avoir et seb a fini par craquer ! C'est vraiment un jeu excellent. Tout simple mais bourré de choix cruciaux. Je pense que comme Yspahan il plaira tout à la fois aux joueurs et également comme jeu d'initiation. Le principe du jeu est de consruire des immeubles dans la ville de Metropolys grâce à un très habile système d'enchères. C'est un jeu à objectifs secrets vraiment très subtil et j'espère bien qu'il ira encore plus loin qu'Yspahan ;)

Couverture de Metropolys

TheNewLudo : Et de ton côté, as-tu un nouveau projet de jeu en tête ?

Cyril Demaegd : En fait j'ai déjà terminé un autre jeu, mais nous ne le publierons pas avant longtemps. C'est un jeu beaucoup plus simple que ses prédecesseurs, mais j'avais besoin de "vacances" après le difficile développement d'Amyitis alors j'ai décidé de faire quelque chose de malin et pas trop compliqué pour une fois !


TheNewLudo : Et pour finir sur une note surnaturelle, un ami à moi a tenu à te poser cette question : pourquoi n'aimes tu pas les jeux de plateaux ?

Cyril Demaegd : Je crois qu'il y a vraiment plein de raisons de ne pas aimer les jeux de plateau, a fortiori quand on travaille dans ce milieu ! Sortir un jeu est une telle galère, et pourtant dès qu'on en termine un, il faut s'atteler au suivant sans répit ! Bref il faut être un peu maso pour être éditeur ! Mais je ne sais pas si ça répond à la question de ton ami ?


TheNewLudo : Merci à toi, Cyril, et longue vie à Ystari
par Pascal publié dans : Interviews
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Mercredi 12 décembre 2007
m.phal.jpgOn ne présente plus M. Phal, responsable du site Tric-Trac, mais on peut lui poser des questions : suivez le guide.

TheNewLudo : Vous vous occupez du site Tric-Trac, certainement le site ludique Français le plus visité et de loin. Mais c'est quoi Tric-Trac finalement ? Une énorme base de données ? Un site de news ? Un site communautaire pour déposer ses avis sur les jeux ? Un forum ? Un virus informatique ?

M. Phal : Je dirais que Tric Trac est une espèce de genre de base de données de news communautaire d'avis sur les jeux à forum qui se répand comme un virus informatique. Oui, c'est ça. Où alors un forum d'avis communautaires sur les news dans une base de données pour filer le virus. Mouais, ça marche moins bien.


TheNewLudo : Comment et quand a commencé l'aventure Tric-Trac ? Par une sombre journée d'hiver, avec l'inspecteur Derrick comme seul programme à la TV ?

M. Phal : Qui est l'inspecteur Derrick ?
Tric Trac a vu le jour en 2000, mais pas sous sa forme actuelle. Au départ, c'était une rubrique Jeux de Société inclus dans un portail consacré à la ville d'Orléans. Portail que j'avais monté le lendemain de mes 35 ans parce qu'il faut bien bosser à un moment quand même un peu dit dont tu va le remuer ton cul m'a dit dieu lorsqu'il m'est apparu dans ma salle de bain alors que je me demandais si aujourd'hui j'allais enfin me raser.


TheNewLudo : En quelques chiffres, c'est quoi, la fréquentation sur le site Tric-Trac ?


M. Phal : Actuellement, il y a entre 12 et 14 000 visites par jour. Tout dépend du jour de la semaine. Aussi je pense que ce mois de décembre sera un mois à plus de 400 000 visites.


TheNewLudo : La popularité de votre site doit encourager les éditeurs et autres boutiques à vous influencer dans vos choix éditoriaux : êtes vous corruptible ? Si la réponse est oui, c'est combien pour que vous parliez de mon blog sur votre site ?

M. Phal : Les choix éditoriaux sont dictés par les « lecteurs ». Personne ne peut obliger qui que ce soit à aller voir une fiche, lire une info plus qu'une autre. Le site étant « communautaire », les gens s'expriment librement et on ne peut pas leur faire croire n'importe quoi. Un « mensonge » ou une « manipulation » serait dénoncé très rapidement. Alors moi, je veux bien qu'on me corrompe à coup d'€uros, plein même (envoyez vos sous), mais ça ne changera rien à l'impact des infos et au fait qu'un site web peut et doit proposer un tas d'article s'il veut continuer à avoir un intérêt et du crédit pour l'utilisateur.


TheNewLudo : L'arrivée de la publicité sur le site vous a-t-elle permis de devenir rentier, avec de nombreux comptes en banque en Suisse ?

M. Phal : Le problème, c'est que quand je vais en Suisse déposer mes sous, je claque tout dans du chocolat avant d'arriver à la banque. Je suis faible…


TheNewLudo : Le Docteur Mops fait-il encore partie de l'aventure, parce que bon, on ne voit que votre nom partout sur le site ?

M. Phal : Tric Trac est une partie de mon activité professionnelle, le Docteur Mops a la sienne, d'activité professionnelle. Forcément. Une activité ludique moins « virtuelle » que Tric Trac et qui consomme du temps, du coup on le voit moins sur Tric Trac. Ceci étant, nous sommes voisins et nous faisons des choses ensemble depuis 1982 et dès qu'il est question de couillonnades, nous signons de suite. Et niveau couillonnade, nous avons quelques projets dans nos sacs qui mettront le duo en avant. Pour sûr.


TheNewLudo : Et si je vous demandais quels sont parmi les jeux récents ceux que vous pratiquez et aimez ?

M. Phal : Si vos me demandiez, je crois que je vous répondrais…


TheNewLudo : Votre ludothèque personnelle s'élève à combien de boîtes ?


M. Phal : Je dois avoir autour de 600 boîtes de jeux dans mon bureau… Un grand bureau donc.


TheNewLudo : Un site comme Tric-Trac doit nécessiter un investissement en temps important : comment faites vous pour assurer sa mise à jour ? Vous avez gagné au loto et passez vos journées dessus ? En fait, Tric-Trac est une multinationale, et vous avez délocalisé la production vers vos équipes Indiennes ?

M. Phal : J'ai un ami indien qui a gagné au loto.


TheNewLudo : Est-ce que vous savez si les Tric-Trac d'ors ont des retombées économiques sur les ventes des jeux primés ?

M. Phal : Tout dépend de ce que l'on considère comme « une retombée économique ». Je pense qu'il doit bien y avoir au moins 1 personne qui a acheté un jeu parce que les Tric Trac d'Or l'on mit en avant une année. Donc oui, il y a une retombée. De quelques  €uros, certes, mais c'est déjà une retombée. Non ?


TheNewLudo : Je crois savoir que vous aimez assez la technique (y'a qu'a voire votre appareil photo bourré d'électronique) : on parle de quoi, en matériel, pour le site Tric-Trac ?

M. Phal : Tric Trac est sur un serveur dédié avec un gros disque dur, un core2 avec 2go de ram… C'est la question ou vous voulez connaitre le modèle de Canon que j'utilise ? C'est un 5D avec plusieurs objectif dont un 15mm Fish-eye que j'affectionne….


TheNewLudo : Quelles sont les évolutions prévues sur le site Tric-Trac ?

M. Phal : Plus de vidéo. Un vrai développement de la Tric Trac TV. J'en parle depuis un moment, mais ça va venir. Le studio est déjà en place, reste à trouver le temps de tout faire…


TheNewLudo : Pourquoi ne voit-on plus de « Open the box », une rubrique qui était pourtant très appréciée ?

M. Phal : Une question de temps, tout simplement. Tric Trac connait un essor exponentiel, tout comme le monde du jeu. Plus de jeux, plus d'actu, plus d'évènement, plus de monde… De plus en plus de sollicitations et toujours que 2 bras. C'est moche.


TheNewLudo : Pour finir, ressentez vous de la fierté à l'idée du nombre de jeux sortis pour rendre hommage à votre physique avantageux ? Caveman, la vallée des Mammouths et Carcassonne - Die Jäger und Sammler pour ne citer que les plus célèbres ...

M. Phal : Le truc ballot, niveau hommage, c'est que je ne suis pas barbu, je suis juste « pas rasé ». Ce n'est pas pareil de ça n'a rien à voir. Il y a des gens qui se rasent tous les jours, pas moi. Juste 1 fois par mois, en gros. Et là, je viens de me raser, venez, approchez-vous, regardez comme c'est doux… Vous n'avez pas chaud avec votre pull là ? Mettez-vous à l'aise jeune fou…


TheNewLudo : Merci pour vos réponses si précises M. Phal, et merci également de retirer vos mains de là ....

par Pascal publié dans : Interviews
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Mercredi 5 décembre 2007
photo-olivier-arneodo.jpgAprès le récent passage du journal Plato au format  pdf,  il était intéressant d'interviewer Olivier Arneodo, le responsable du journal "Jeux sur un plateau", dernière revue consacrée à notre hobby favori à sortir en kiosque.

TheNewLudo : Vous vous occupez de la revue « Jeux sur un plateau » depuis plusieurs années : en quoi consiste votre métier au quotidien, à part faire ce dont tout le monde rêve, à savoir jouer avec des amis toute la journée ?

Olivier Arneodo : Cela fera effectivement 4 ans le 15/12 que JSP existe. Mais je vais vous décevoir car je ne joue pas toute la journée malheureusement. Et JSP n'occupe pas non plus tout mon quotidien. En fait JSP est édité par une société (Olpan) créée en 1997 et qui réalise tout type d'activité graphique et d'impression (catalogues, plaquettes, affiches, stands,…).

Je dirais donc que sur une journée de 13/14h, JSP me prend grosso modo la moitié de mon temps.
Pour Olpan, je m'occupe plutot je dirais de l'orientation, de la gestion (administrative et financière) et du marketing de la société et pour JSP, de tout ce qui a trait au magazine, à savoir le choix des sujets et la validation de leur contenu, les approvisionnements de la boutique en choisissant jeux et quantités à commander, les contacts avec éditeurs, auteurs,…, le choix et la validation de la réalisation des jeux online en participant aux beta tests, la validation de la mise en page du magazine, l'approche marketing, le choix des canaux de distribution,…


TheNewLudo : Et si je vous demandais quels sont parmi les jeux récents ceux que vous pratiquez et aimez ?

Olivier Arneodo : Actuellement je joue à 2 jeux très différents en fonction de mes partenaires : 1960 The Making of the President, le jeu à 2 de Zman Games. Le thème déjà m'attirait et la mécanique est excellente avec des choix permanents entre court, moyen et long terme. L'autre jeu n'a rien à voir, il s'agit de High Score de Ravensburger, un jeu dans lequel on jette deux dés communs à tous les joueurs et dont on doit caser le total sur une grille pour réaliser des combinaisons type brelan, full, suite,…


TheNewLudo : On parle de combien de personnes à temps plein et de pigistes, lorsque l'on évoque l'équipe rédactionnelle de JSP ?


Olivier Arneodo : On parle de personne à temps plein. Hormis mon cas personnel évoqué plus haut, il y a 2 personnes pour la mise en page qui sont mobilisés 10 jours par mois sur JSP mais ne s'en occupent pas le reste du temps. Il y a 1 personne qui s'occupe de la relecture et environ une trentaine de pigistes. La plupart sont là depuis le début de l'aventure et ils sont impliqués dans le magazine comme s'ils y travaillaient à temps plein.


TheNewLudo : Dans une interview accordée à Tric Trac il y 3 ans, vous indiquiez tirer 15 000 exemplaires par mois de votre revue. Ou en est-on aujourd'hui ? Etes-vous en croissance ou les ventes se stabilisent-elles ?

Olivier Arneodo : Le tirage est souvent mal interprété par le grand public. En effet, il faut savoir que la rémunération issue des NMPP (notre distributeur presse) est inhérente au ratio exemplaires vendus/tirage. Il vaudra donc mieux vendre 10000 exemplaires sur 15000 que 20000 sur 50000 hormis les abonnements que cela pourrait éventuellement générer.
Mon objectif a donc été de rentabiliser au maximum ce ratio. C'est pourquoi après avoir débuté à 15000 ex, nous sommes passés à 9000 puis 12000 et depuis la rentrée, à 17000. Cependant ce passage à 17000 n'est pas satisfaisant car avec un tirage de 50% supérieur, nous n'avons augmenté notre chiffre de vente que de 15%.
J'envisage donc de redescendre le tirage peut être à 15000 mais ce n'est pas encore décidé.
Il faut savoir que si on enlève les abonnés qui sont par essence fidèles et les ventes de mag sur notre site ou en boutiques, un ratio de 50% en kiosques est excellent.


TheNewLudo : Dans le même ordre d'idée, vous indiquiez ne pas avoir une idée précise de la taille du lectorat potentiel, alors que M. Phal vous demandais si il y avait de la place pour deux revues, suite à la disparition de « Vox Ludi ». Le passage récent du journal Plato à un format pdf semble corroborer son analyse de l'époque. Qu'en pensez vous aujourd'hui ?

Olivier Arneodo : Je pense qu'effectivement, en rapprochant notre nombre d'abonnés, nos ventes en kiosques et les ventes de jeux moyennes chez les éditeurs, on peut chiffrer le lectorat maximum à 10000 que je décomposerais en un noyau dur de 3000 (grosso modo notre nombre d'abonnés) et des lecteurs occasionnels plutot joueurs pour le reste.
Ce nombre peut varier en fonction de la période (Noel et les vacances d'été sont des moments propices à des ventes plus importantes) et nous concernant, en fonction du cadeau offert. Un cadeau « attractif » pour un public non joueur (type magnets ou porte clés) boostant forcément les ventes , mais pas de manière durable.
Il n'y a donc probablement pas de place pour 2 magazines faisant exactement la même chose du moins pour le moment.


TheNewLudo : Concernant le sempiternel sujet de la presse dite spécialisée, vous avez choisi un positionnement à la fois « grand public » et « joueur confirmé ». Est-ce une stratégie définit au début et qui n'a pas changé depuis, ou bien cela change-t-il en fonction de l'ancienneté du magasine ?

Olivier Arneodo : Je suis très partisan de l'évolution step by step. Et donc nous avons sciemment choisi de commencer par n'être présents que dans les boutiques spécialisées pendant les 5 premiers numéros afin de toucher notre cœur de cible. Nous sommes ensuite passés aux kiosques pour essayer de « toucher » davantage de lecteurs puis le contenu a progressivement évolué vers un dosage entre très joueurs et un peu moins joueurs pour se stabiliser désormais.
Avouons que nous avons aussi eu la chance d'être les premiers à nous lancer ce qui a généré une certaine tolérance des lecteurs tant au niveau du contenu que de la mise en pages au début


TheNewLudo : JSP se diversifie pas mal (boutique et jeux on-line), y-a-t-il d'autres diversifications prévues à ce jour ? Editeur ? En gros, comment voyez-vous l'évolution de JSP ?

Olivier Arneodo : Oui, il y a d'autres diversifications prévues, mais je compte bien les garder pour moi pour le moment ;-) Pas éditeur en tous les cas, c'est un véritable métier qu'Olpan ne peut assumer en l'état et on ne devient pas éditeur comme cela d'un coup d'un seul. Il y a une structure à mettre en place, un créneau à occuper, une approche du marché à réaliser,… De plus, cela nous obligerait à arréter JSP puisque nous ne pourrions à la fois éditer et parler de nos propres jeux. C'est donc non.
JSP va continuer d'évoluer en maintenant ce dosage dont je parlais précédemment mais c'est surtout je pense la marque JSP qui va évoluer afin de continuer à proposer aux lecteurs des services variés tournant autour du jeu comme nous avons commencé à le faire avec la boutique et les jeux on line et un peu la vidéo.


TheNewLudo : Est-il envisageable d'augmenter le nombre de pages de JSP, afin de se rapprocher du format d'un de vos illustres ancêtre, "Jeux & Stratégie » ?


Olivier Arneodo : Non, nous tenons à garder la qualité de présentation de JSP qui est à mon sens très nettement supérieure à ce qu'était Jeux&Stratégie. De plus, J&S appartient à une autre époque où le Net n'existait pas et où les jeux coutaient beaucoup plus cher.
Augmenter le nombre de pages reviendrait à augmenter le prix et ce ne sera pas le cas à court ou moyen terme. Nous sommes à 76 pages, cela me semble très raisonnable pour un mensuel


TheNewLudo : Pour finir avec une question d'actualité, si je vous demandais de me donner le cadeau de Noël que vous conseilleriez pour offrir à un joueur confirmé ? à un joueur débutant ? à un enfant de 8 ans ? à Miss France ?

Olivier Arneodo : Hormis pour Miss France pour laquelle je choisirais un jeu pour jouer à 2 avec moi, pour les autres, je choisirais un jeu commun type Can't Stop ou Time's Up ou Carcassonne car je pense que c'est une grave erreur pour l'avenir du jeu que de le sectoriser. Le jeu est par essence pour moi un mode de communication et de retrouvailles inter générationnel. Si certains jeux s'adressent davantage à un type de public, si vous me demandez un conseil, je choisirais un jeu qui rapproche les différents publics. Les joueurs sont déjà suffisamment considérés comme appartenant à une secte, il est à mon sens très important que cela ne persiste pas. Si la perception des joueurs demeure en l'état, pour moi, le jeu de société est voué à se cantonner aux yeux du grand public au Monopoly ou au Trivial Pursuit.
A nous joueurs d'essayer d'être suffisamment ouverts et didactiques vis à vis des autres pour amener à la « démocratisation » du jeu tel que nous le pratiquons


The NewLudo : Merci à vous, Olivier Arneodo, bon anniversaire et longue vie à JSP !
par Pascal publié dans : Interviews
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