Mercredi 28 novembre 2007
Les jeux qui utilisent le principe d’enchère sont légions. Souvent, ils utilisent ce mécanisme dans les premières phases du tout de jeu, afin de permettre l’acquisition de ressources, bâtiments, objet, ... qui seront utilisés dans les phases suivantes.

Rare sont les jeux basés exclusivement sur ce principe, mais il en existe : Modern Art, Râ, et à un moindre niveau Goa sont de purs jeux d’enchères

Dans tous les cas, le principe d’enchère consiste à mettre en vente un objet ou un service dans un cadre de concurrence (plusieurs ou tous les joueurs sont concernés). A son tour, le joueur concerné par l’enchère doit proposer une offre égale ou supérieure à l’offre précédente, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de meilleure offre. A ce moment, le joueur avec la meilleure offre remporte l’enchère.

modern2.jpgSur cette base classique, de nombreuses déclinaisons permettent de simuler des enchères dans les jeux de plateaux.

Un jeu le décline même de 5 façons différentes, il s’agit du jeu précédemment cité, Modern Art, considéré par beaucoup comme LE jeu d’enchère par excellence.

Dans ce jeu, les joueurs incarnent des négociants d'arts, et vont devoir acheter et vendre des tableaux. On est en plein dans le thème des enchères !

Types d’enchères :
- le plus offrant l’emporte ; n’importe quel joueur peut surenchérir
- chaque joueur fait sa proposition de prix, les uns après les autres
- chaque joueur place sa proposition dans sa main : propositions cachées, puis découvertes en même temps
- le vendeur propose le même prix aux autres joueurs : le premier qui accepte l’emporte
- enchère double = un autre tableau du même artiste doit être proposé. Les bénéfices sont partagés entre les vendeurs.


ra.jpgDans le jeu , du même auteur (Reiner Knizia), les joueurs vont tenter de développer au mieux leur peuple et de s'attirer la faveur du dieu Râ.

Chaque joueur dispose de 3 jetons numérotés de 1 à 13 pour enchérir.
À son tour, soit on pioche une tuile pour rajouter au lot de tuiles déjà piochées, soit on lance l'enchère pour savoir qui remportera ce lot.

Il faut alors évaluer les tuiles présentes pour voir à qui elles profiteront le plus !

On le voit, les jeux qui utilisent les enchères sont assez différents, et souvent, les enchères ne sont qu’un des mécanismes, en début de tour, pour permettre aux joueurs d’acheter des objets/ressources (Funkenschlag par exemple, pour l’achat des centrales)

Ce mécanisme est un bon moyen d’introduire des interactions entre les joueurs, et souvent, c’est même le seul du jeu, le reste de la partie consistant à gérer ses achats suite aux enchères.

C’est donc un mécanisme qui génère souvent de l’action dans les parties, avec des discussions enflammées.
Il est ainsi assez proche d’un autre mécanisme de jeu, celui du bluff, duquel il emprunte certaines caractéristiques.

Il est important de garder son self control, car une enchère veut vite dégénérer en duel entre deux joueurs qui veulent coûte que coûte acquérir l'objet de la vente, et dans ce cas, le gagnant n'est jamais celui qui achète le bien au final. En effet, le plus important à garder à l'esprit est qu'il faut acheter au juste prix, notion souvent subjective. Une tactique consiste à faire monter le prix artificiellement, puis à passer, pour que son adversaire paie plus que le vrai prix ! mais attention à l'adversaire qui abandonnera avant vous dans ce cas ....

D'autres jeux utilisant ce mécanisme :

2842-1.jpg 185-1.jpg 2458-1.jpg
par Pascal publié dans : Mécanismes de jeux
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Mercredi 21 novembre 2007
Les jeux coopératifs constituent une catégorie à part dans les jeux de plateaux, car ils correspondent à un mode de fonctionnement bien particulier : pour une fois, les joueurs vont jouer ensemble, et non pas les uns contre les autres !

Cette  nuance de taille apporte une dimension nouvelle au jeu, car dans ce cas, les  joueurs cherchent à atteindre un objectif commun, et c'est le mécanisme du jeu qui est leur adversaire.

Dans les faits, rares sont les jeux à exploiter pleinement le concept.

A ma connaissance, seuls deux le poussent jusqu'au bout, à savoir les joueurs ensemble contre le système de jeu :

chevaliers.jpg- Les chevaliers de la table ronde, où l'objectif est commun, mais avec une petite entorse dans le cas où un joueur joue le traitre. Mais en fait, ce n'est pas obligatoirement le cas, et une partie peut se dérouler sans aucun traître. C'est le tirage des cartes (un évènement positif et un négatif) qui va apporter les ennuis aux joueurs,
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- Le seigneur des anneaux (le jeu coopératif), où la encore, l'objectif est commun. Mais si vous achetez l'extension Sauron, un des joueurs jouera le méchant Sauron contre le reste des joueurs.

Ces deux jeux apportent la dimension role-play à un tel point qu'il n'est pas rare de voir un des joueurs se sacrifier en fin de partie pour aider ces compagnons à vaincre le système.

Dans les autres cas, les joueurs ont souvent des objectifs qui leurs sont propres, en plus des objectifs communs, et un des joueurs joue une sorte de MJ (Maître du Jeu) contre eux.

C'est le cas notamment de jeux comme Descent ou Arkham Horror.
Dans la même série, mais avec un nombre plus conséquent de joueurs, le jeu Les loups garous de Thiercelieux. La aussi, une nuance : le meneur de jeu n'est pas contre les joueurs, mais permet de contrôler le jeu et d'indiquer les différentes phases.
Parmi les jeux plus anciens, citons Détective Conseil, qui est plutôt un jeu solo, qui permet d'être joué à plusieurs, pour résoudre une enquête dont les éléments de réponse sont dans le classeur de jeu.

Et pour finir avec une nouveauté Essen '07, König von Siam, un jeu de guerre et d'influence dans le royaume de Siam. La configuration coopérative n'est disponible qu'à quatre joueurs : dans ce cas, les joueurs jouent à deux contre deux, ce qui est encore une déclinaison différente du concept coopératif.

Finalement, bien que peu nombreux, les jeux dits "coopératifs" regorgent de particularités dans leurs mécanismes, ce qui les rend très différents les uns des autres.
Et pour les vieux routards nostalgiques des jeux de rôles (dont je fais partie), ils permettent de retrouver les sensations du jeu en équipe : que demander de plus ?

arkham-horror.jpg
descent.jpg detective3703-1.jpg loups-garous.jpg siam.jpg

par Pascal Bourgeoisat publié dans : Mécanismes de jeux
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Samedi 17 novembre 2007
capitol.jpgLes jeux de majorité constituent une catégorie très importante des jeux de plateaux. certains sont exclusivement basés sur ce mécanisme (Capitol) alors que d'autres l'intégrent dans une ensemble (Amyitis)
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Ces jeux utilisent une carte contenant généralement des zones géographiques dans lesquelles les joueurs vont devoir placer leurs pions afin d'obtenir, lors de chaque décompte, la majorité. Souvent, des points sont attribués au premier, mais également au second.

La difficulté vient souvent du principe de ne pas placer tous ses oeufs dans le même panier, afin de se retrouver majoritaire sur une seule zone. Seulement voila, plus on se positionne sur de nombreuses zones, et plus on prend le risque de n'être majoritaire nulle part !!!!

Ce mécanisme, simple dans sa compréhension, mais qui peut amener à de nombreuses réflexions, est donc naturellement très prisé des créateurs de jeux.

Le principe de majorité pose des questions sans fins aux joueurs, car il faut essayer de prévoir ce que les autres vont jouer en fonction de ce que vous allez jouer. Seulement voila, en devenant majoritaire sur une zone, vous attisez les convoitises, et à moins d'être le dernier joueur à jouer pour le tour, les autres vont à coup sur répliquer à votre positionnement.
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Il peut être nécessaire de jouer avec un sablier, sinon, certains joueurs vont passer des heures à essayer de tout planifier (en vain bien souvent)

On voit bien qu'un des grands objectifs pour dominer la partie consiste à jouer en dernier. Généralement, un mécanisme complémentaire à la majorité vient se greffer pour déterminer qui termine le tour. Le classique "le premier joueur suivant est celui situé à gauche du premier joueur actuel" est remplacé par des mécanismes plus complexes, généralement destinés à favoriser le dernier joueur en nombre de points.

Ce mécanisme de rééquilibrage est présent dans le jeu El Capitan, réédition de Tycoon, dans lequel le joueur possédant le moins d'argent à la fin du tout décide de qui sera le premier joueur au tour suivant.

Du coup, certains joueurs cherchent à avoir le moins d'argent à la fin du tour (via le mécanisme d'emprunts), pour déterminer le premier joueur.

Et la, le premier joueur sélectionné est souvent celui situé à gauche de celui qui décide, ce qui permettra à ce joueur de terminer le tour suivant, et lui donnera un avantage décisif.



Dans cette catégorie, la liste est sans fin, mais citons également :

- Mykérinos
- San Marco
- Attila
- Tikal
- Carcassonne
- Tempus
- ...
par Pascal Bourgeoisat publié dans : Mécanismes de jeux
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