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Dimanche 17 août 2008
Encore un riche été ludique qui s'achève, avec de nombreuses parties au compteur, et son lot de découvertes.
Je vous passe donc les parties enfièvrées de Tribun, Puerto Rico, Cuba et autre Race For The Galaxy pour me concentrer sur les nouveautés que nous avons eu l'occasion de tester.

Concrêtement, il s'agit de 3 jeux, qui méritent le détour : Die Hangenden Garten, Ostia, et bien sur, l'incontournable de cet été, à savoir Agricola, la star qui coupe le monde en deux : ceux qui y ont joué, et les autres !

Je commencerais donc par Agricola, pour les frissons de plaisirs qu'il nous aura procuré.

Agricola :

Tout d'abord, merci à Ystari pour cette traduction pas si évidente, compte tenu du nombre de cartes à traduire.

Avant même d'ouvrir la boîte, je suis impressionné par son poids : ils ont mis quoi dedans ? Des vrais animaux ?
Son ouverture ne démenti pas cette première impression : du matériel à profusion, et l'impression qu'ils se sont trompés, en me glissant le matériel de deux boîtes d'Agricola pour le prix d'une. Mais non, il s'agit bien du matériel d'une seule boîte, avec son lot de plateaux, jetons, marqueurs, petits animaux en bois et des tonnes de cartes, toutes différentes.

Le pitch du jeu : L'Europe Centrale des années 1670. La peste qui sévissait depuis 1348 a finalement été vaincue. le monde civilisé est en reconstruction. Les hommes aménagent leurs chaumières et les rénovent. Les champs doivent être labourés, cultivés et finalement, moissonnés. Le souvenir de la famine des années noires a conduit l'humanité à manger plus de viande (une habitude toujours en vigueur dans notre monde moderne).

Le thème est donc assez original, mais après, on aime ou on n'aime pas : il y a ceux qui vont apprécier cette idée assez drôle d'endosser le rôle d'un paysan, et ceux, plus rêveurs peut être, qui vont trouver ce thème peu propice à développer leur imagination. C'est sûr, on est loin des rôles de conquérants à la tête de milliers de troupes : ici, il s'agit plutôt de troupeaux !

  Avant même la lecture des règles, j'ai l'impression que l'on va s'amuser rien qu'à manipuler le matériel !
La lecture des règles est légèrement fastidueuse, notamment avec des redites et des phrases pas si explicites, mais globalement, on se retrouve en territoire connu, dans la catégorie gros jeux.

L'installation aussi est assez longue, mais quel plaisir à manipuler !

 Le principe général reprend celui du désormais célèbre Caylus : les joueurs disposent de pions qui symbolisent leur famille de paysans (deux au début, et cinq au maximum), qu'ils vont placer successivement sur des cases qui permettent des actions : labourer, semer, se procurer des animaux, rénover sa maison, constuire des enclos, des étbales, .... A chaque nouveau tour, une nouvelle action est disponible, et ainsi de suite jusqu'au 14ème tour.

Au 4eme, 7eme, 11eme, 13eme et 14eme tour, il y aura récolte, ce qui signifie que les champs labourés et semés vont rapporter des céréales et des légumes, qu'il va falloir nourrir sa petite famille, et qu'enfin, ses animaux vont se reproduire.
Ces phases sont critiques, et devront être anticipées pour optimiser les récoltes et la reproduction de ses animaux, tout en permettant de nourrir sa famille. Si un joueur ne dispose pas d'assez de nourriture, il sera contraint de mendier ce tour-ci, ce qui lui donnera un gros malus de 3 points par point de nourriture qui manque !

Chaque joueur dispose donc de son propre plateau individuel, à la façon d'un Cuba, qui représente son domaine, dans lequel se trouve la ferme que l'on pourra agrandir et rénover, ses paysans, ses champs, ses pâturages, ses enclos et ses étables.

Dans la version familiale, on peut lancer une partie à ce stade. Mais dans la version complète viennent se greffer des cartes aménagements et savoir-faire, pour pimenter la partie. Chaque joueur disposera alors de 7 cartes aménagements et d'autant de cartes savoir-faire pour sa partie : elles lui donnent des avantages qu'il faudra utiliser avec parcimonie durant la partie, comme par exemple des bonus de nourriture ou des accélérateurs. Et des cartes, il y en a ! Plus de 300, toutes différentes, de quoi renouveller les parties.

 Et c'est justement le point fort de ce jeu : son ouverture et l'étendue des possibilités. Pensez-donc : de 1 à 5 joueurs, avec une VRAIE jouabilité, même en solo. Des règles de bases (familiales) et des règles avancées, plus de 300 cartes, des options dans le tirage des cartes en début de partie, et des familles de cartes bien différentes : des "decks" intéractifs, complexes, originaux (Z-deck). De quoi jouer des dizaines de fois sans avoir l'impression de faire deux fois la même partie.

Et en effet, tel est le cas : j'ai joué en solo (3 parties), à deux joueurs avec tous les decks (1 partie), à 3 joueurs en familial (2 parties), à 4 et 5 joueurs avec des decks particuliers ou tout mélangé, avec choix des cartes au hasard, ou en draft (3 parties). A chaque fois, j'ai eu l'impression de faire des parties très différentes, et à chaque fois, j'y ai pris beaucoup de plaisir. Et pour compléter, les stratégies sont assez différentes, et il ne semble pas qu'il y en ai une plus forte que les autres, à part peut être l'incontournable qui consiste à agrandir sa famille pour bénéficier de plus d'actions lors d'un tour.

Les parties sont très tendues, et il faut souvent attendre les 3 ou 4 derniers tours pour que son espace de jeu ressemble à quelque chose : avant, on survit, et on essaye de préparer la suite du jeu en construisant un four par exemple, pour cuire du pain.

En solo, la partie est aussi vraiment intéressante, et on se surprend à vouloir en refaire une autre pour optimiser son score.

En conclusion, Agricola entre par la grande porte dans ma ludothèque, et non content d'être le jeu de l'été, il entre également dans mon TOP 5, non pas grâce à ses mécanismes assez classiques finalemnt, mais surtout par son exceptionnelle durée de vie.

Note du jeu : 19/20

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Die Hangenden Garten :

J'avais repéré ce petit jeu il y a quelques semaines, et je dois dire que ses jolies tuiles m'avaient bien tenté. Ni une ni deux, je l'achète, et le teste dans la foulée.

Le pitch du jeu : vous êtes un jardinier paysagiste et devez réaliser le plus joli jardin suspendu.

Derrière ce thème un peu bateau se cache un jeu très sympathique.

A l'aide de cartes découpées en 6 cases chacune, et qui représentent ces fameux jardins, vous devez, sur votre espace de jeu personnel (déidemment, c'est à la mode !) construire le plus beau jardin. Concrêtement, il existe plusieurs types de paysage, et l'objectif est de positionner les cartes de façon à obtenir le plus grand jardin d'un type donné.
Des règles précises de pose, un peu à la sauce Taluva dont il s'inspire largement, complètent l'ensemble.
Dès qu'un jardin d'au moins 3 cases est construit, on peu choisir une tuile de points parmi les 2 disponibles.
Pour un jardin de 4 cases, on choisit parmi les 2 premières, plus 2 autres.
Pour un jardin de 5 ou plus, on choisit parmi les 4 premières, plus 2 autres.

 L'objectif est de récupérer des tuiles points d'une même famille, pour faire des séries. De plus, pour chaque famille (presque), il existe une tuile spéciale qui octroie des points si l'on a constitué une famille complète.

Les parties sont rapides (comptez quand même 45 minutes) et le jeu s'adresse plutôt à un public familial. Il peut également être pratiqué en "apéritif", en attendant tout le monde pour faire un plus gros jeu.

Le plus gros reproche que je ferais au jeu est qu'il repose quand même énormement sur le hasard des cartes piochées : si les cartes retournées sont intéressantes lorsque l'on est le premier à jouer, l'avantage est indéniable.
De même, les tuiles points ne seront pas toutes retournées lors d'une partie. Un joueur peut être très fortement pénalisé si il attend toute la partie les tuiles qu'il lui manque pour compléter ses séries, ... et qu'elles n'arrivent jamais !!!!

Mais il faut prendre ce jeu pour ce qu'il est, un bon petit jeu qui ne nécessitera de votre autre aucun triturage de cerveau, ce qui peut être appréciable de temps en temps !

Note du jeu : 15/20

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Ostia :

Ce jeu sorti il y a 3 ans est passé relativement inaperçu, et c'est bien dommage, car derrière ses mécanismes simples se cache un excellent jeu d'enchères, de format que je qualifierais intermédiaire en complexité.

Le pitch du jeu : Vous incarnez un commerçant du temps de Rome, et allez devoir soudoyer les sénateurs en leur fournissant les ressources qu'ils recherchent, celles ci changeant d'une année sur l'autre. A l'issue de 5 années, le commerçant ayant le plus de points de victoire l'emporte.

La encore, chaque joueur dispose de son propre petit espace de jeu, symbolisant plusieurs emplacements : le forum, pour vendre des marchandises, le sénat, pour corrompre les sénateurs, et l'entrepôt, pour stocker ses marchandises d'un tour sur l'autre.

Les joueurs reçoivent 5 cartes marchandises au début de chaque tour, et ne vont en garder qu'une : les autres seront mises aux enchères, par série de 2. Il n'y a qu'une passe d'enchère, et le joueur qui vend peut lui-même acquérir les cartes au prix le plus élevé + 1, en étant le dernier à miser.

Les marchandises ainsi acquises seront ensuites positionnées de façon cachées sur les 3 emplacements forum, sénat et entrepôt. de plus, chaque joueur dispose de 2 cartes bluff pour faire croire que l'on cherche par exemple essentiellement à corrompre le sénat ce tour-ci.

Lors des ventes au forum, moins la marchandise vendue est présente dans ce que les joueurs vendent ce tour ci, et plus elle est vendue chère, selon le principe de l'offre et de la demande.

Lors de la phase pour soudoyer le sénat, les marchandises sont classées entres elles de façons différentes à chaque tour, à l'aide de 5 cartes (une par tour). Ainsi, telle marchandise très recherchée par le sénat ce tour ci sera peut être délaissée le tour suivant. De plus, on voit la prochaine carte du tour suivant, afin d'anticiper dans ses enchères de marchandises. Le joueur qui a le plus misé lors de la phase sénat gagne des points de victoires.

L'entrepôt a deux objectifs : mettre de côté des marchandises pour le tour suivant, mais aussi chercher à mettre des marchandises de types différents pour le décompte final.

Voila le résumé de l'essentiel des règles : elle sont simples, claires, et efficaces.

La partie que nous avons disputée a été pleine de tension, et en effet, les scores au final étaient très serrés.

Comme toujours dans les jeux d'enchères, la question est de savoir quel est le bon prix pour acheter des marchandises aux enchères.
Lors d'un des tours, j'avais mis volontairement énormément d'argent de côté pour prendre toutes les cartes intéressantes le tour suivant. J'y suis parvenu, ce qui m'a coûté énormément, mais c'est vrai que je me suis demandé si je n'avais pas trop misé à ce moment là ...

Au final, un bon jeu qui mérite d'être connu et pratiqué

Note du jeu : 14/20
Par Pascal - Publié dans : Comptes rendus
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