CR 15/06/08 : Nefertiti

Publié le par Pascal

Ce soir, nous avons encore joué à une nouveauté toute fraîche qui vient de sortir : Nefertiti. C'est fatiguant, à la longue, tous ces bons jeux qui sortent. On finirait presque par avoir envie de passer ses journées à jouer, uniquement pour faire des parties découvertes ! Nefertiti est donc le petit dernier des éditions Matagot, et je dois dire que c'est pour l'instant mon préféré parmi ceux que j'ai eu l'occasion de jouer (Utopia, Khronos, Zoon)

A l'ouverture de la boîte, je suis 100% en phase avec l'avis de M. Faidutti (ici), à savoir : le look global est sobre, moins ostentatoire que les précédentes grosses productions de Matagot, et pourtant, c'est certainement le jeu que je préfère, niveau esthétique. Comme quoi, l'abondance de matériel n'est pas une fin en soi.

Le thème est assez quelconque mais colle finalement pas mal au jeu.
Le pitch : vous représentez des nobles en quêtes des plus beaux cadeaux à offrir à Nefertiti, pour plaire au Pharaon Akhénaton. Pour cela, vous allez vous rendre dans les principaux marchés d'Egypte, et vous allez marchander ces fameux objets.

La lecture des règles prend une petite demi-heure, même si il n'y a que 4 pages, car quelques subtilités sont à prendre en compte, sur une aide de jeu A4 en recto/verso. En effet, au delà du principe général, qui repose sur l'achat d'objets dans les quatre marchés de la ville, plusieurs petits systèmes viennent se greffer pour apporter la richesse tactique au jeu. Nous sommes en présence d'un jeu dans l'air du temps, où les mécanismes sont nombreux, et viennent se mêler de façon fluide pour apporter de la profondeur à l'ensemble. On se croirait dans un Ystari, qui a d'ailleurs failli éditer ce jeu : même si le prinicipe est assez différent, Nefertiti a clairement un air de famille avec Amyitis et Mykérinos.

 Mais revenons aux règles et à ses fameuses petites subtilités de règles :
- Chaque joueur dispose de 4 pions serviteurs qu'il va poser sur le marché de son choix
- Chaque marché est régit par des règles de fermeture du marché qui lui sont propres : par exemple, le fait de poser 3 serviteurs de joueurs différents est une règle de fermeture de l'un des marché
- Chaque marché dispose en fait de deux zones, ou "mini marché", qui seront ouvertes alternativement
- Il y a 4 objets disponibles par marché, répartit sur 2 lignes : le joueuer qui s'est positionné sur la case du marché qui coûte le plus cher peut soit récupérer le premier objet avec un sceau royal, soit récupérer 2 objets dans les 3 derniers. Les autres joueurs peuvent soit récupérer un objet parmi ceux restants, soit récupérer la moitié de l'or du marché issu des achats précédents.
- les sceaux permettent d'activer à son tour l'un des personnages spéciaux présents, qui permettent essentiellement de déclencher des décomptes de points intermédiaires, d'échanger des objets, d'en faire défausser, de joueur 2 serviteurs au lieu d'un, de récuper de l'argent, ....
- les objets ont différentes valeurs, mais rapportent plus si ils sont posséder par très peu de joueurs,
- ...

Une fois les deux premiers tours passés, le jeu est extrèmement fluide, et les tours s'enchaînent rapidement, ce qui est très agréable.

Nous commençons cette partie à quatre joueurs, et identifions tout de suite que l'argent va (encore) être le nerf de la guerre. Mécanisme original, celui-ci tourne en circuit fermé entre les joueurs et les marchés, et tout est matière d'opportunisme pour en récupérer. Il faut essayer de se positionner sur les marchés où les autres joueurs vont devoir beaucoup payer pour se procurer des objets, et passer derrière pour prendre la moitié de l'or disponible dans le marché en question. Ce jeu fait donc faire des choix Corneilliens : faut il mieux prendre des objets pour le décompte final, ou récupérer de l'or pour les prochains tours ? Je pense qu'il faut, comme souvent dans ce type de jeux, mixer les deux approches.

C'est ce que j'ai essayé de faire durant toute la partie, et cela m'a été plutôt bénéfique. Dans certains marchés, je ne jouais que pour récupérer de l'or, tandis que dans d'autres, je cherchais clairement un objet qui me faisait de l'oeil. Dans ce dernier cas, il ne faut pas hésiter à se positionner directement sur  l'emplacement le plus cher, pour être sur de ne pas se faire rafler l'objet convoité sous le nez.

Je pense que seuls Philippe M. et moi même avons eu cette stratégie assez tranchée, avec des phases où nous étions très riches, et des phases ou nous étions très pauvres.

Quentin, de son côté, a conservé trop longtemps son argent sans le dépenser pour les meilleurs objets.
A l'inverse, Philippe U. a été à cours d'argent durant toute la partie, ce qui ne lui a jamais laissé l'occasion de prendre les plus beaux objets.

Par contre, petite différence de jeu avec Philippe M. j'ai cherché à jouer les cartes personnages spéciaux pour déclencher des décomptes intermédiaires, la où lui les a délaissées.

Lorsque la partie prend fin, c'est assez drôle car je suis très loin devant leurs scores avant le décompte final. Mes décomptes intermédiaires m'amènent vers les 50 points, la oùm tous les autres sont à 9 points. Je sais que j'ai moins de cartes pour le décompte final que Philippe M., mais je suis relativement confiant sur la fin de partie.

Malheureusement pour moi, mon optimisme ne suffira pas, puisque Philippe M. va finir juste devant moi, et me voler la première place pour 5 points !

Même si Philippe M. a bénéficié de quelques étourderies de Quentin, situé juste avant lui, je pense qu'il a très bien joué cette partie, en particulier lors d'un tour sur un marché qui lui a permi de rafler 3 excellentes cartes en une seule fois !

Au final, même si le jeu repose assez peu sur le hasard (pioche des objets, quelques tirages de dés pour la fermeture de certains marchés, ...), il en ressort une certaine impression de chaos. Cette impression n'est pas tant justifiée par les aspects pioche et dés que par la très forte interactivité des mécanismes : les joueurs sont tellement dépendant des poses des joueurs précédents, qu'il est très difficile d'avoir une stratégie long terme : il s'agit avant tout d'un jeu d'opportunisme, et le fait de jouer juste après un joueur un peu tête en l'air est un vrai avantage ! (même si, encore une fois, je considère que Philippe M. n'a pas volé sa victoire)

Mais ne boudons pas notre plaisir, car plaisir il y eu : ce jeu est un bon intermédiaire entre un jeu léger et un gros jeu : un jeu rapide mais pas simple, avec une bonne durée de vie, en somme un jeu dans l'air du temps, je vous le disais bien, ma bonne dame !

Bilan de la partie :

Philippe M. (Vert) : 110 points
Pascal (Noir) : 105 points
Quentin (Bleu) : 67 points
Philippe U. (Rouge) : 60 points

Note du jeu : 17/20

Publié dans Comptes rendus

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Christophe de la ludo 17/06/2008 11:50

nous l'avons aussi joué et nous lui avons mis un 16,5 pas si loin de ton 17 .
Bonne partie meme si nous n'avons pas joué le décompte de points qui la prochaine fois c'est sur , sera joué !!