Samedi 10 mai 2008
Encore une super soirée ludique vacance en ce joli mois de Mai, avec deux belles découvertes à la clé : Metropolys et L'Age de Pierre. Deux nouveautés sortis pour la GenCon2008 et que j'hésitais à acheter. Philippe M., toujours à la pointe de l'actualité, arrive avec ces deux petits bijous sous le bras : l'heure est à la découverte.

Nous sommes trois ce soir, et nous nous offrons le luxe de jouer sur ma terrasse : vive les beaux jours !

Metropolys :

On a beaucoup (trop) écrit au sujet du plateau de ce jeu, que je trouve parfaitement clair et lisible : côté matériel, donc, de mon point de vue, rien à redire, on est dans les standards actuels.

Le pitch du jeu : Les joueurs incarnent des urbanistes en quête de prestige. Tout au long de la partie, ils tentent de placer leurs bâtiments aux meilleurs emplacements de la ville. Dès qu’un joueur a placé tous ses bâtiments, on compte les points et le joueur ayant le prestige le plus élevé remporte la partie.

Sur cette base classique, nous démarrons ce jeu que l'on peut qualifier de placement. La où il fait preuve d'originalité, c'est que chaque joueur dispose de 13 bâtiments, numérotés de 1 à 13, et qu'il va les placer selon une logique d'enchère. Ainsi, par exemple, un joueur pose son bâtiment de valeur 5 sur un quartier. le joueur suivant peut poser sur un quartier adjacent un bâtiment de valeur supérieur strictement à 5, ou passer. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'aucun des joueurs ne puisse ou ne veuille surenchérir. A ce moment là, le dernier joueur à avoir posé est vainqueur de cette enchère : seule son bâtiment demeure en place, et on le retourne pour bien le signifier. les autres bâtiments reviennent à leurs propriétaires, et on recommence une autre série d'enchère. Le joueur qui a remporter la manche précédente pose alors en premier, et dans le quartier de son choix.
Il est surprenant qu'un mécanisme aussi simple et ingénieux n'ait jamais été utilisé auparavant. C'est d'une simplicité confondante, et pour autant, il y a bien de la stratégie derrière ce petit mécanisme.

Il existe plusieurs moyens de marquer des points :
- être majoritaire en hauteur sur un des six grands quartiers de la ville rapporte 5 points,
- des marqueurs sont positionnés au départ sur certains quartiers : il y a 3 systèmes associés, qui peuvent rapporter des points supplémentaires, ou en faire perdre !
- enfin, chaque joueur dispose de 2 cartes objectifs secrets : une sur la couleur d'un quartier, qui permet de récupérer 2 points par immeuble consruit sur sa couleur d'objectif. Une autre avec des objectifs plus originaus : par exemple, j'avais comme second objectif de construire deux immeubles dans des quartiers adjacents sépraés par des ponts :pour chacun d'eux, j'empochais 4 points de victoire.

La partie démarre, et j'opte pour une stratégie basée sur mon objectif secret premier (quartiers jaunes). Je ne cherche pas à m'en cacher, car je considère qu'il est très couteux de chercher à bloquer la stratégie d'un adversaire, donc j'avance à visage découvert.
De leurs côtés, mes deux adversaires optent pour une stratégie basée sur la récupération des pions posés sur les quartiers, et qui rapportent des points.

On arrive assez vite en milieu de partie, et je me rend compte qu'il va falloir que je change d'approche : d'une part, je me suis délesté d'une grande partie de mes gros immeubles, et je ne vois pas comment me débarrasser de mes immeubles de valeurs 1, 2 et 3 ; et d'autre part, je constate après un rapide comptage que leur tactique à l'air nettement plus rémunératrice que la mienne !

Il est trop tard pour les immiter, donc je décide de poursuivre en me basant sur mon deuxième objectif secret,les ponts !
Seulement voilà, à ce stade, sans immeuble de grande valeur, il m'est difficile de gagner les enchères, et je ne réussirais que 2 fois à atteindre ce second objectif : je ne gagnerais donc que 8 points supplémentaires par cette approche, là ou les autres en ont marqué par paquets de 3 avec les pions récupérés sur le plateau !

La partie se termine, sans grand espoir pour moi de l'emporter, et en effet, comme prévu, Seb gagne avec un score impressionnat de 45 points.

Je pense que je n'ai pas suffisamment cherché à les gêner par rapport à leur tactique. de plus, je me rend compte que Philippe a nettement mieux joué que moi pour se débarasser de ses petits immeubles, en gagnant des enchères à priori peu intéressantes, mais qui lui permettaient de rejouer juste derrière de petits immeubles sur des quartiers ou il nous était impossible de poursuivre : il se retrouvait ainsi en situation de rejouer à nouveau, avec un petit immeuble inutile en moins ...

Au final, ce jeu moyen (en durée et complexité) se révèle être une très bonne surprise. Il est éligible dans la catégorie jeu familial ou tout le monde s'amuse, enfants (à partir de 10 ans) comme adultes.
Seul petit défaut (à mes yeux), il s'agit encore d'un jeu jouable de 2 à 4, donc la limite de 5 joueurs n'est encore une fois pas atteinte.

En tous cas, bravo à la Ystari team, qui a pris le risque de se démarquer de sa production habituelle, en sortant un jeu plus simple, et qui ne contient pas de petits cubes en bois avec des marchandises !  ;-)

A rejouer donc, en intro d'une soirée.

Bilan de la partie :

Seb (Rouge) : 45 points
Philippe M. (Blanc) : 39 points
Pascal (Gris) : 33 points

Note du jeu : 17/20


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L'Age de Pierre  :

Nous attaquons en seconde partie de soirée un plus gros morceau, à savoir ce fameux Age de Pierre, qu'il me tardait de découvrir. Créé par l'auteur de Sankt Petersburg, ce jeu ne pouvait pas me laisser indifférent.

A l'ouverture de la boîte, on découvre un matériel que je rangerais dans la catégorie haut de gamme, avec un plateau superbement illustré, de jolis petits pions, des cartes, des dés, et surtout, le fameux gobelet en peau de bête pour lancer les dés !

Le pitch du jeu : en tant que chef de tribu, vous devez envoyer vos hommes effectuer différentes activités pour permettre de faire croitre votre tribu, mais aussi de la nourrir, tout en développant ses compétences sur les outils.

La partie démarre avec 5 hommes par tribu : c'est peu et beaucoup à la fois : en effet, il va falloir les affecter à des tâches pour récupérer des ressources dans un premier temps (bois, brique, pierre, or), pour aller ensuite leur demander d'aller récupérer des cartes ou des tuiles qui rapportent des points de victoire. On pense donc qu'il faut vitre développer sa tribu pour dépasser cette limite de 5 hommes. Mais d'un autre côté, il faut également nourrir ses hommes, et plus ils sont nombreux, plus il faut consacrer d'énergie à la chasse, la pêche et la cueillette !
Cruel dilemne que se poseront les joueurs durant toute la partie.

Selon le principe désormais classique des Piliers de la terre, chaque joueur va tour à tour poser ses hommes dans les différentes activités possibles :
- la chasse/pêche/cueillette,
- le développement de l'agriculture
- la récupération d'une des 4 ressources,
- la reproduction dans la huttes (2 personnes de la tribu nécessaires, logique)
- l'amélioration de ses compétences sur les outils
- la récupération d'une carte de victoire
- la récupréation d'une tuile de victoire

Le joueur peut poser autant d'hommes qu'il souhaite à son tour, sur UNE des activités possibles, dans la limite des places restantes. Pour la hutte, seulement 2 places, une seule pour le développement de l'agriculture, 7 pour chacune des ressources, etc ...

La bonne idée du jeu consiste ensuite à lancer autant de dé 6 que d'hommes de la tribu placés sur une activité donnée, puis à en diviser le résultat par un chiffre plus ou moins important en fonction de la difficulté : 2 pour la chasse (facile), jusqu'à 6 pour l'or (complexe). Le nombre de ressources récupérées correspond au résultat de cette division, arrondi à l'inférieur.

Vous allez me dire que le hasard joue une trop grande place ? Que nenni : en effet, le niveau d'outils que vous possédez vous permet de les "affecter" au tirage de vos dés, en les additionnant, avant division. A vous de faire les bons choix, et d'utiliser les points générés par les outils à bon escient, sur les résultats que vous attendez le plus. Ce mécanisme est tout simplement bluffant, car il résout un de mes dilemnes de joueur : je n'aime pas les jeux avec du hasard, car cette perte de contrôle ne permet pas au meilleur joueur de l'emporter, mais par contre, les jeux sans hasards sont souvent très froids et calculatoires, et ne réflètent pas le chaos de la vie.
Avec ce principe, l'Age de Pierre marque des points, en permettant de faire cohabiter intelligemment les deux concepts : j'applaudis des deux mains, et en redemande !

Enfin, les cartes et tuiles permettent de convertir des ressources en points de victoires, selon des logiques éprouvées dans d'autres jeux, avec des principes de majorité sur des thèmes donnés pour les cartes, avec décompte en fin de partie, ou bien des points immédiats lors des achats des tuiles.

Les règles sont finalement très vite assimilées, et même si le jeu n'a pas grand rapport avec Sankt Petersbug, il y a un je ne sais quoi qui y fait penser, dans l'équilibrage entre la difficulté des règles, et le plaisir éprouvé : peut être est-ce tout simplement le fait que cet auteur réussit la difficile alchimie qui consiste à faire prendre du plaisir durant la partie à tous les joueurs, les premiers comme les derniers, en les laissant tous réaliser des actions gratifiantes.

Nous commençons donc la partie, avec un léger sourire, car nous avons déjà tous devinés que ce jeu était très bon.

Et en effet, la partie va nous le confirmer, avec des moments intenses, des retournement de situations, des prises de consciences, et des fous rires (à ces huttes reproductrices, que n'y avait on pensé auparavant !)

Seb opte pour une tactique basée sur le développement de l'agriculture pour ne pas avoir à se soucier de nourrir sa tribu. En parallèle, il choisit de se concentrer sur l'acquisistion de cartes, en vue du grand décompte final.

De son côté, Philippe M. choisit de développer sa tribu et de chercher à acquérir des tuiles qui donnent immédiatement des points.

Enfin, je me dis qu'une stratégie mixte peut être aussi pas mal. je cherche donc à me diversifier, en cherchant les points immédiats, avec les tuiles, mais également à me spécialiser sur le développement de mes outils, en vue de réduire la part de hasard dans un premier temps, mais également afin de marquer des points en fin de partie, avec les cartes qui se multiplient par son niveau en outils pour donner des points de victoire.

Les scores sont donc assez drôles peu avant la fin : Seb est très clairement dernier, et Philippe M. me talonne, en seconde place. Cependant, nous savons tous que le décompte final va rapporter un maximum à Seb, qui ne sait bientôt plus où ranger ses nombreuses cartes.

De mon côté, je réussi à marquer 40 points d'un coup avec une de mes tuiles, en plaçant 7 de mes meilleures ressources, ce qui me permet de prendre le large sur Philippe M. Est ce que cela sera suffisant par rapport à Seb ? Pour le décompte final, je finis par atteindre le maximum possible en outils, à savoir trois pions de niveau 4 chacune : c'est clair, à ce stade de la partie, les tirages de dés m'importent peu : je peux les réquilibrer à loisir, et c'est un vrai plaisir de tordre le coup au hasard, pour moi qui n'ai jamais eu de chance aux dés : même les tirages d'as et de deux me font rire, c'est pour rire !

La partie se termine alors, déclenchée par moi, par l'acquisition de la dernière tuile de victoire d'un des tas, et le décompte final est déclenché.

Nous terminons par Seb, qui va quand même réussir l'exploit de faire un tour complet de la piste des scores uniquement par les points gagnés en fin de partie.

Au final, Seb me devance, mais pas tant que cela : une carte de plus pour moi, basée sur les outils, et la victoire était mienne !

Ce jeu atteint et même dépasse mes espérances lors de cette partie découvertes : tout est bien trouvé et équilibré dans ce jeu : le cocktail se base sur des recettes éprouvées, plus quleques très bonnes idées, et la sauce prend tout de suite.

Juste une petite interrogation en fin de partie : les parties suivantes seront elles aussi passionnantes ? En effet, j'ai un petit doute, audn à l'aspect un peu réptititif des actions au cours d'une même partie. L'épreuve du temps nous le dira, car il est clair que nous n'avons pas fini d'y jouer, à ce jeu !

Bilan de la partie :

Seb (Bleu) : 198 points
Pascal (Jaune) : 182 points
Philippe M. (Vert) : 142 points

Note du jeu : 18/20

par Pascal publié dans : Comptes rendus
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