Grande (et longue) soirée jeu en ce vendredi 8 décembre.
Nous avons commencé en douceur avec une partie à 4 du désormais célèbre Race for the Galaxy, avant de poursuivre avec le tout neuf Tribun à peine traduit (merci
La Fièvre du Jeu) pour une partie à 5, pour enfin terminer avec le petit dernier de chez Ystari, Amyitis, à 4 joueurs.
Race for the Galaxy :

Début du
marathon, avec un démarrage en douceur. Nous attendons notre cinquième joueur, et choisissons pour cela un jeu rapide et très plaisant,
Race for the Galaxy.
Tout le monde connaît, et après un petit rafraîchissement de mémoire pour un Philippe très en voix ce soir, nous attaquons.
Nos stratégies s’affichent assez rapidement :
Simon, avec La nouvelle Sparte comme planète de départ, opte pour une stratégie blitzkrieg basée sur la pose de planètes militaires à coût nul, et sur la pose de développements pour terminer
le plus vite avec 12 cartes posées. Concrètement, il compte sur les autres pour l’action Coloniser, et utilise l’action Développer pour bénéficier du coût à –1. Cette stratégie lui permet de
conserver de nombreuses cartes en main pour ses actions futures.
François choisit une stratégie basée sur le triptyque : Coloniser/Consommer (option Vente)/Produire. Le tout avec la ressource rare (marron), afin de récupérer 3 cartes dans la pioche à chaque
vente de ressource. Cette stratégie, lorsque les cartes suivent, est assez rentable
Philippe opte au début pour la stratégie « je ne rappelle plus trop des règles et des combos possibles ». Puis il se décide pour une option pose de planètes, à la fois colonies et planètes
militaires, pour bénéficier, fourbe qu’il est, des actions de François lors des phases de production et de consommation. Finalement, son indécision du début est peut être volontaire, car elle lui
permet de jouer en fonction des autres, et ainsi de bénéficier de toutes nos actions.
De mon côté, je choisis une stratégie opportuniste : je vois bien le petit jeu de Simon, et me doute qu’ainsi lancé, la partie ne va pas durer longtemps. Je me dis donc qu’en posant le maximum de
cartes planètes et développements avec des points de victoire immédiats, et sans me préoccuper des divers bonus octroyés par les cartes posées, je peux remporter la partie.
Ma tactique est clairement gagnante à la mi-partie, car je décompte les points en cachette, et suis largement en tête, suivi de Simon.
Seulement voila, la ou le jeu des autres se développe, et le nombre de points de victoire est de plus en plus important à chaque tour, de mon côté, cela n’évolue guère, et je remporte toujours mes
1 à 3 points de victoire par tour, faute de stratégie au long terme.
Simon termine finalement la partie avec sa douzième pose de carte (une planète militaire à 6 points, aie, ça fait mal !), et le verdict tombe :
Bilan de la partie :
Simon : 32
François : 31
Philippe : 26
Pascal : 21
Note du jeu : 17/20
Remarque : il n’y a pas beaucoup de points à cette partie, du fait de la stratégie blitzkrieg de Simon.
Je pense que ma stratégie pouvait être gagnante si la partie avait été plus courte. Seulement voila, il y a quand même 12 cartes à poser, et au final, c’est beaucoup trop pour une stratégie
opportuniste comme la mienne. J’en déduis qu’il faut obligatoirement avoir une stratégie long terme à ce jeu, pour gagner beaucoup de points à la fin.
Je dois en être à ma 5 ou 6ème partie, et je dois dire que je ne gagne pas souvent. Je prend cependant autant de plaisir à chaque fois à y rejouer, même si un petit peu moins de hasard dans la
pioche (choisir parmi plus de cartes ?) me conviendrait mieux.
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Tribun :

Seb arrive, et nous pouvons attaquer le gros morceau de la soirée, un
nouveau jeu d’Essen, et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du premier au classement Fairplay, j’ai nommé
Tribun.
Personne n’y a joué dans notre groupe, et nous attendions avec impatience la traduction pour nous lancer.

Le pitch du jeu : Grandissez pour passer de la Plèbes au statut de Tribun et ainsi gagner la faveur des Dieux ! Un jeu de prospérité et de pouvoir dans la Rome ancienne, de Karl-Heinz Schmiel.
A l’ouverture de la boîte, il y a du matériel (moins qu’à Hamburgum quand même). Le plateau de jeu est assez joli, mais aurait vraiment gagné à être moins sombre et plus coloré. Ce choix m’attriste
un peu, car en dehors de cette critique, j’adore le graphisme et les petits personnages qui se promènent dans la ville.
François s’efforce de nous lire les règles, pendant que nous découpons les pions et autres pièces, et que je monte les chars de combat (un seul est utilisé durant la partie).
La lecture est assez fastidieuse (20 pages quand même), et Seb est à la limite de partir se coucher (quelle petite tête, celui là ;-) ). Finalement, il tient bon, et la lecture se termine, avec la
sensation d’avoir retenu environ 20% des règles !
Le principe, qui s’avèrera plus tard extrêmement simple et fluide, est le suivant :

Au début de la partie, les joueurs
piochent une carte victoire qui sera valable pour tous. Sur celle-ci est indiqué 6 conditions différentes (sesterces, faveur des Dieux, lauriers, Tribun, Légions, marqueur de factions), mais
surtout, le nombre de conditions à remporter parmi les 6 pour gagner la partie. De plus, certaines conditions peuvent être obligatoires. Eh oui, une trouvaille intéressante est que plusieurs
chemins mènent à Rome (OK, elle était facile celle là) : vous pouvez opter pour des conditions différentes d’un joueur à l’autre, selon l’évolution de la partie. Sans compter qu’il existe plusieurs
cartes victoire pour renouveler les parties ! On peut même lire sur les cartes victoires une indications de temps de partie, ce qui permet de se fixer au départ si l’on veux jouer longtemps ou pas
: c’est le comble du luxe !
Le tour se décompose en 6 phases :
Phase 1 : mise en place des cartes
Phase 2 : placement des partisans (3 choix possibles : zones pour récupérer des cartes, factions pour les contrôler, trésors pour gagner des sesterces)
Phase 3 : exploitations des zones
Phase 4 : contrôle des factions
Phase 5 : utilisation de la capacité des factions
Phase 6 : vente aux enchères du char de combat
Pour simplifier, le jeu va donc alterner entre des phases pour récupérer des cartes factions, qui serviront lors des prises de pouvoir sur les dites factions, afin de gagner divers avantages liés
aux conditions de victoire.
Il existe 7 factions :
Gladiateur : pour gagner des sesterces aux catacombes et assassiner un adversaire (lui retirer une carte faction)
Légat : récupérer le manuscrit ou 1 carte+acheter une légion
Prétorien : 1 légion
Plèbe : 1 carte + 2 sesterces, ou Tribun
Patricien : proconsul (une possibilité de pose supplémentaire dans les zones)
Vestale : faveur des Dieux temporaires + laurier, ou Tribun
Sénateur : Manuscrit ou 2 cartes
Notre partie démarre, et nous voyons vite l’importance de disposer du contrôle des factions : tout repose sur ce contrôle qui accorde des gains. Pour cela, il faut poser les cartes récupérée dans
les zones, selon plusieurs principes intéressants : cela va de l’achat pur et simple, au choix dans une pioche secrète, en passant par des ventes aux enchères.
Pour cela, vous posez vos partisans (4 chacun à 5 joueurs) sur les zones qui vous intéressent. Ce principe reprend celui des Piliers de la Terre, ce qui me plait, compte tenu de tout le bien que je
pense de ce jeu.
Les mécanismes pour récupérer les cartes factions sont bien pensés, et s’enchaînent TRES rapidement.
A la fin du premier tour, je suis assez content de moi : j’ai pris le contrôle de 2 factions différentes, les Prétoriens et la Plèbe, alors que François, Seb et Simon n’en ont qu’une. Philippe, de
son côté, a voulu récupérer le contrôle avec une seule carte, alors qu’il en faut deux minimum, et repart donc bredouille.
Nous sommes dépendants des tirages de cartes chaque tour sur les zones, et très vite, les joueurs se focalisent sur les factions recherchées.
Gros combat pour le contrôle de la faction Patricien entre François et Philippe
En particulier, un duel s’engage entre François et Philippe pour le gain de la faction Patricien, qui octroie un partisan supplémentaire. Ils montent respectivement à 24 et 23 points leurs factions
Patricien.
Les autres joueurs regardent ce duel avec amusement, pendant que nous continuons sur des factions plus calmes.
Seb en particulier s’est focalisé sur les gladiateurs, ce qui lui permet d’assassiner tranquillement une carte faction adverse à chaque tour.
De mon côté, je me fais souffler ma faction Plèbe, mais conserve mes Prétoriens, qui me donnent une légion à chaque tour.
Tranquillement, je poursuis mes gains sur plusieurs types d’objectifs, et un rapide coup d’oeil me confirme que je suis bien parti.
De son côté, Simon, cherche depuis le début l’objectif Tribun, le seul obligatoire, mais aussi le plus difficile à obtenir. Il y parvient au moment ou je me dis que la victoire pourrait bien être
mienne, compte tenu de ce que j’ai accumulé : j’ai déjà 3 points factions, 6 lauriers, 2 légions et je viens de remporter en premier une faveur des Dieux temporaires, que je m empresse de
transformer en faveur des Dieux définitive.
Je sais que normalement, je devrais rapidement compléter au moins deux des conditions de victoire parmi celles non obligatoires, donc je décide de me concentrer sur ce fameux Tribun obtenu par
Simon.
Seulement voila, à ce stade de la partie, je me rend compte que le Tribun est EXTREMENT complexe à obtenir, et que dans la configuration actuelle de la partie, il me faut prendre le contrôle de la
faction Patricien, celle la même qui a fait l’objet d’un combat acharné entre Philippe et François.
Je me rend compte également qu’ils ont posé la quasi totalité des grosses cartes associées à cette faction, et que de mon côté, je n’arriverais jamais à dépasser les 24 points ou bien à poser plus
de 5 cartes Patricien (deuxième possibilité pour reprendre une faction).

Une seule possibilité pour moi : prendre
le contrôle d’une faction qui permet d’assassiner, pour détruire progressivement les cartes de la faction Patricien. Je me décide pour la faction Gladiateurs de Seb, qui n’est plus élevée en
points, après un assassinat subi sur ses troupes : il ne lui reste que la carte de valeur 1 et celle du chef Gladiateur, de valeur 0.
Le problème est que pendant que j’échafaude des plans en deux bandes, les autres continuent à jouer, et en particulier Simon, qui a son Tribun, et continue sa marche vers la victoire.
Je me rend compte à ce moment que la partie est perdue et que Simon, durant le tour, va à son tour prendre une faveur des Dieux temporaires, qui lui donnera le gain de la partie.
Et la, c’est la consternation : nous nous attendions tous à avoir encore 30 à 45 minutes de partie, mais non, en une heure montre en main (le tout pour une première partie), la partie prend
fin.
Passé l’étonnement, nous regardons la configuration du plateau, et la conclusion s’impose : à
Tribun, si tu veux jouer deux heures, passe ton chemin !
Le debrief fait apparaître que nous avons là un TRES TRES bon jeu, qui, sous son couvert de gros jeu qui n’en est pas un, est certainement la révélation d’Essen ’07. Le classement Fairplay est tout
à fais approprié, et ce jeu m’a vraiment emballé.
Les parties sont donc rapides, très fluides, et le mécanisme hérite pas mal des
Piliers de la terre, mon chouchou 2007 pour l’instant : le jeu est simple sans être simpliste, tout
à fait ce que j’aime et recherche dans un jeu.
Une chose est sûre : dès la sortie en Français, j’achète ce jeu ! ! !
Bilan de la partie :
Simon : premier (décidément ...)
Tous les autres : derniers !
Note du jeu : 19/20 (avec un plateau plus clair, c’était le 20/20)
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Amyitis :
Il n’est donc que 1h30 du matin lorsque nous attaquons notre troisième jeu.
Seb déclare forfait, et nous restons à quatre.

J’essaye d imposer un
UR,
que j’avais bien aimé, avec une seule partie à mon compteur, mais l’effet nouveauté a encore frappé : François et Simon réclament leur première partie d’
Amyitis, alors que
Philippe et moi faisons notre deuxième.
Nous expliquons rapidement les règles et c’est parti !
J’ai bien noté la leçon de la dernière fois, et me rue le premier sur une carte banquier pour ne pas être à cours d’argent (les « Talents ») durant la partie. Les autres me copient honteusement, et
François se retrouve donc sans possibilité d’en acquérir une, étant donné qu’il y en a une de moins que de joueur.
Il se contente donc d’une carte caravanier, ce qui n’est pas un mauvais choix, comme nous le verrons plus tard.
Un autre point que j’avais noté est l’importance de faire des plantations : c’est ce qui donne clairement le plus de points au final, même si c’est aussi ce qui est le plus complexe à obtenir.
Nous adoptons donc tous une tactique à peu près équivalente, à savoir la recherche de Talents et de ressources pour planter, tandis que François, contraint à une tactique différente, opte pour les
caravaniers et les temples. Il se positionne ainsi sur les trois, et marque dans l’ensemble des temples lors du décompte.
Les autres joueurs se rendent vite compte que sa tactique est très efficace, et nous nous rendons à notre tour dans les temples, en particulier le troisième qui donne une ressource
supplémentaire.
De mon côté, j’ai également un petit faible pour le second temple qui donne 2 points de victoire pour le joueur majoritaire, et un point pour le second (certainement parce qu’il me rappelle un
mécanisme similaire dans les Piliers de la terre, mon chouchou 2007 (à bon, je l’ai déjà dit ?))
J’opte pour une stratégie tous azimuts, sans me concentrer sur un type de gain : j’irrigue, je plante, je vais aux temples.
Simon développe une stratégie plus long terme, et ne marque quasiment aucun point au début de la partie.
François est le seul à chercher les cartes Palais, qui accordent en bout de partie de nombreux points si l’on se focalise sur cette stratégie. Il commence également à se constituer pas mal de
cartes caravaniers, ce qui lui permet de se déplacer comme il le veut (moyennant un seul chameau) sur le plateau de la caravane.
De mon côté, je me retrouve bloqué par la limitation à 2 ressources en stocks, et recherche également les cartes caravanes. Ma tactique se développe bien et je marque régulièrement des points.
L’approche de Simon devient enfin rentable, surtout avec le gain de la dernière carte banque qui lui octroie 2 points de victoire par tour.
Philippe plante à tour de bras, pendant que François commence à construire un palais assez imposant.
Je suis en tête depuis le début de la partie, et le resterais jusqu’à la fin, avec un François de plus en plus menaçant.
Finalement, Simon met un terme à la partie, car il ne reste plus que 4 emplacement plante non découverts, et heureusement pour moi, car François se voit contraint d’arrêter sans construire une
dernière carte palais qui lui aurait permis de terminer loin devant tout le monde.
Amyitis se voit confirmer son statut de très bon jeu à tiroir, avec de nombreux mécanismes sous-jacents mais bien incorporés dans l’ensemble.
A rejouer un de ces quatre, indéniablement
Bilan de la partie :
François (noir) et moi (bleu) : 1ers ex-aequo à 44 points
Simon (blanc) : 42 points
Philippe M. (rouge) : 41 points
Note du jeu : 18/20
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